{"id":5781,"date":"2026-10-22T18:51:18","date_gmt":"2026-10-22T18:51:18","guid":{"rendered":"https:\/\/readstoryus.com\/?p=5781"},"modified":"2026-10-22T18:53:24","modified_gmt":"2026-10-22T18:53:24","slug":"partie-1-alors-que-je-retrouvais-lentement-la-vue-apres-deux-annees-dobscurite-un-geste-furtif-de-mon-mari-a-bouleverse-toutes-mes-certitudes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/readstoryus.com\/?p=5781","title":{"rendered":"PARTIE 1 \u2013 Alors que je retrouvais lentement la vue apr\u00e8s deux ann\u00e9es d\u2019obscurit\u00e9, un geste furtif de mon mari a boulevers\u00e9 toutes mes certitudes"},"content":{"rendered":"<p>Ashton venait de rentrer lorsque je l\u2019ai aper\u00e7u \u00e0 genoux devant notre lit. Il tenait une petite bo\u00eete noire contre sa poitrine, comme s\u2019il craignait qu\u2019elle lui \u00e9chappe. Il a jet\u00e9 un regard vers le fauteuil o\u00f9 j\u2019\u00e9tais assise, pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Puis, croyant que je ne pouvais rien distinguer, il a soulev\u00e9 le couvre-lit et repouss\u00e9 la bo\u00eete profond\u00e9ment sous le sommier. Son geste \u00e9tait rapide, presque maladroit. Lorsqu\u2019il s\u2019est relev\u00e9, il a pris quelques secondes pour rajuster sa chemise avant de se tourner vers moi. Ce qu\u2019il ignorait, c\u2019\u00e9tait que je venais de voir chacun de ses mouvements.<\/p>\n<p>Pendant deux ann\u00e9es enti\u00e8res, mon monde avait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de formes et de couleurs. Je reconnaissais Ashton \u00e0 sa d\u00e9marche, au l\u00e9ger froissement de ses v\u00eatements et \u00e0 cette mani\u00e8re particuli\u00e8re qu\u2019il avait de retenir sa respiration lorsqu\u2019il cherchait ses cl\u00e9s. Je savais o\u00f9 se trouvait chaque meuble gr\u00e2ce au contact de mes doigts et au nombre de pas n\u00e9cessaires pour traverser une pi\u00e8ce. Mais depuis quelques semaines, quelque chose d&#8217;extraordinaire se produisait. La lumi\u00e8re revenait progressivement. Les premi\u00e8res silhouettes \u00e9mergeaient de l&#8217;obscurit\u00e9, encore incertaines, mais bien r\u00e9elles. Et ce soir-l\u00e0, ce cadeau que j\u2019avais attendu si longtemps venait de me permettre d\u2019assister \u00e0 une sc\u00e8ne que mon mari n\u2019aurait jamais voulu me montrer.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es bien install\u00e9e ? \u00bb m\u2019a-t-il demand\u00e9 avec sa douceur habituelle. Il s\u2019\u00e9tait approch\u00e9, et je distinguais maintenant l\u2019ovale de son visage, ses cheveux sombres et le mouvement de sa main tendue vers mon \u00e9paule. J\u2019ai r\u00e9pondu que tout allait bien. Mon c\u0153ur battait si fort que je craignais qu\u2019il l\u2019entende. Pendant un instant, j\u2019ai envisag\u00e9 de lui annoncer que je pouvais de nouveau le regarder. J\u2019avais imagin\u00e9 cette r\u00e9v\u00e9lation des centaines de fois. Pourtant, devant cette bo\u00eete myst\u00e9rieuse, je me suis tue. Une question avait pris toute la place : pourquoi mon mari \u00e9prouvait-il le besoin de cacher quelque chose \u00e0 une femme qu\u2019il croyait toujours aveugle ?<\/p>\n<p>Deux ans plus t\u00f4t, nous avions eu un accident de voiture. Je gardais des souvenirs d\u00e9sordonn\u00e9s de cette nuit : une route d\u00e9tremp\u00e9e, des phares brouill\u00e9s par la pluie, une brusque sensation de mouvement, puis un choc terrifiant. Lorsque j\u2019avais repris conscience \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, je n\u2019avais aper\u00e7u ni les murs, ni les appareils m\u00e9dicaux, ni m\u00eame mes propres mains. J\u2019avais cru que mes yeux \u00e9taient couverts de pansements. Une infirmi\u00e8re m\u2019avait expliqu\u00e9 avec pr\u00e9caution que je souffrais de l\u00e9sions importantes. Les m\u00e9decins ne pouvaient pas encore d\u00e9terminer si je retrouverais un jour la vue. Je me souvenais avoir serr\u00e9 la main d\u2019Ashton jusqu\u2019\u00e0 lui faire mal, incapable d\u2019accepter qu\u2019une simple soir\u00e9e sur la route ait suffi \u00e0 effacer le monde.<\/p>\n<p>Les premiers mois avaient \u00e9t\u00e9 les plus \u00e9prouvants. Je me r\u00e9veillais sans savoir s\u2019il faisait jour. Il m\u2019arrivait de tendre la main pour prendre un verre et de le renverser parce que j\u2019avais mal \u00e9valu\u00e9 sa position. Je connaissais pourtant notre maison avant l\u2019accident. J\u2019avais choisi certains meubles, accroch\u00e9 les tableaux et dispos\u00e9 les livres sur les \u00e9tag\u00e8res. D\u00e9sormais, chaque objet pouvait devenir un obstacle. Ashton avait transform\u00e9 notre int\u00e9rieur pour faciliter mes d\u00e9placements. Il avait d\u00e9gag\u00e9 les couloirs, install\u00e9 des rep\u00e8res que je pouvais identifier au toucher et appris \u00e0 m\u2019accompagner sans me d\u00e9s\u00e9quilibrer. Je lui en \u00e9tais profond\u00e9ment reconnaissante.<\/p>\n<p>Au commencement, il savait exactement comment me r\u00e9conforter. Il me d\u00e9crivait les nuages lorsque nous prenions notre caf\u00e9 pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Il me racontait les changements du jardin, la floraison des plantes et les oiseaux qui revenaient sur la cl\u00f4ture. Il avait m\u00eame pris l\u2019habitude de me lire quelques pages le soir, choisissant des livres que nous avions aim\u00e9s avant l\u2019accident. Lorsque je me d\u00e9courageais, il me rappelait que je restais la m\u00eame personne. Je m\u2019accrochais \u00e0 ces paroles, car elles semblaient provenir de l\u2019homme attentif et joyeux dont j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9e amoureuse plusieurs ann\u00e9es auparavant.<\/p>\n<p>Nous nous \u00e9tions rencontr\u00e9s dans une librairie, presque dix ans plus t\u00f4t. Je portais plusieurs ouvrages empil\u00e9s contre moi lorsqu\u2019un mouvement maladroit avait envoy\u00e9 la moiti\u00e9 de ma s\u00e9lection sur le plancher. Ashton s\u2019\u00e9tait pench\u00e9 pour m\u2019aider. Au lieu de simplement ramasser les livres, il avait commenc\u00e9 \u00e0 commenter mes choix avec un s\u00e9rieux amusant. Je lui avais r\u00e9pondu qu\u2019il devrait peut-\u00eatre ouvrir son propre \u00e9tablissement s\u2019il tenait tant \u00e0 conseiller des inconnues. Il avait souri et propos\u00e9 un caf\u00e9 pour poursuivre notre d\u00e9saccord litt\u00e9raire. Nous \u00e9tions sortis ensemble sous une pluie fine. Ce jour-l\u00e0, rien ne laissait pr\u00e9sager que la pluie deviendrait un jour un souvenir aussi douloureux pour nous deux.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019accident, cependant, notre relation avait progressivement chang\u00e9. L\u2019inqui\u00e9tude d\u2019Ashton \u00e9tait devenue omnipr\u00e9sente. Il voulait savoir o\u00f9 je me rendais dans la maison, pourquoi j&#8217;avais d\u00e9plac\u00e9 un objet et si quelqu\u2019un serait pr\u00e9sent lorsque je sortirais. Lorsque je souhaitais pr\u00e9parer seule mon d\u00e9jeuner, il proposait de le faire \u00e0 ma place. Si j\u2019insistais, il soupirait et expliquait qu\u2019il ne supportait pas l\u2019id\u00e9e que je me blesse. Ses intentions semblaient bonnes. Pourtant, chaque semaine, je me sentais un peu moins ma\u00eetresse de mon existence.<\/p>\n<p>Un apr\u00e8s-midi, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de choisir mes v\u00eatements sans aide. J\u2019avais pr\u00e9par\u00e9 des \u00e9tiquettes tactiles afin de reconna\u00eetre les tissus et les couleurs. Lorsque Ashton \u00e9tait entr\u00e9, il m\u2019avait annonc\u00e9 qu\u2019une tenue \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate sur le lit. Je lui avais expliqu\u00e9 que je pr\u00e9f\u00e9rais porter celle que j\u2019avais s\u00e9lectionn\u00e9e. Il avait r\u00e9pondu que ce serait plus simple de suivre son choix. Nous nous \u00e9tions disput\u00e9s pour quelques v\u00eatements, une querelle insignifiante en apparence. Mais je ne d\u00e9fendais pas seulement une robe ou un chemisier. Je voulais conserver la possibilit\u00e9 de d\u00e9cider des choses les plus ordinaires.<\/p>\n<p>Il s\u2019\u00e9tait excus\u00e9 plus tard, affirmant qu\u2019il cherchait uniquement \u00e0 me faciliter la vie. Je l\u2019avais cru. Pourtant, les m\u00eames tensions revenaient sous d\u2019autres formes. Lorsque je demandais \u00e0 examiner nos d\u00e9penses communes, il pr\u00e9tendait que les relev\u00e9s bancaires me fatigueraient inutilement. Je lui avais parl\u00e9 des applications capables de lire les documents \u00e0 voix haute. Il avait r\u00e9pondu que notre situation financi\u00e8re \u00e9tait sous contr\u00f4le et que je devais r\u00e9server mes forces \u00e0 mes soins. Je me souvenais du silence qui avait suivi notre derni\u00e8re conversation sur ce sujet. Il avait referm\u00e9 son ordinateur avec une brusquerie inhabituelle.<\/p>\n<p>Depuis plusieurs mois, je remarquais \u00e9galement des appels myst\u00e9rieux. Le t\u00e9l\u00e9phone d\u2019Ashton sonnait parfois au milieu du d\u00eener. Il s\u2019\u00e9loignait aussit\u00f4t, parlait discr\u00e8tement dans le couloir et revenait en m\u2019expliquant qu\u2019un coll\u00e8gue avait besoin de renseignements. Je n\u2019avais aucune preuve qu\u2019il mentait. Son travail comportait des responsabilit\u00e9s et il lui arrivait r\u00e9ellement de devoir r\u00e9gler des probl\u00e8mes tardifs. Mais son comportement ne ressemblait plus \u00e0 celui de l\u2019homme qui me racontait autrefois les d\u00e9tails les plus banals de sa journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Il rentrait aussi plus tard. Certains soirs, je l\u2019entendais rester longtemps dans sa voiture avant de rejoindre la maison. Lorsqu\u2019il entrait enfin, il \u00e9voquait la circulation ou une r\u00e9union interminable. J\u2019essayais de ne pas interpr\u00e9ter chaque changement comme une menace pour notre mariage. Nous traversions une p\u00e9riode difficile. Ma d\u00e9pendance, son \u00e9puisement et les incertitudes m\u00e9dicales avaient pes\u00e9 sur notre vie commune. Je savais que l\u2019amour ne suffisait pas \u00e0 supprimer la fatigue. Mais il devenait de plus en plus difficile de distinguer ce qu\u2019il me cachait de ce qu\u2019il ne voulait simplement plus partager.<\/p>\n<p>Puis la lumi\u00e8re avait commenc\u00e9 \u00e0 revenir. Au d\u00e9but, je percevais une diff\u00e9rence entre l\u2019ombre du couloir et la clart\u00e9 de la fen\u00eatre. J\u2019avais pens\u00e9 que mon imagination me jouait un tour. Une semaine plus tard, j\u2019avais distingu\u00e9 le d\u00e9placement de mes doigts devant mon visage. J\u2019avais r\u00e9p\u00e9t\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience plusieurs fois, craignant de confondre un v\u00e9ritable changement avec mon d\u00e9sir de gu\u00e9rir. Un matin, la forme de la lampe sur ma table de nuit \u00e9tait apparue, impr\u00e9cise mais reconnaissable. Je m\u2019\u00e9tais mise \u00e0 pleurer, assise au bord du lit, les deux mains serr\u00e9es autour de mes genoux.<\/p>\n<p>J\u2019avais organis\u00e9 discr\u00e8tement une consultation sp\u00e9cialis\u00e9e. Le m\u00e9decin avait effectu\u00e9 diff\u00e9rents examens et confirm\u00e9 qu\u2019une partie de mes capacit\u00e9s visuelles semblait se r\u00e9tablir. Il m\u2019avait cependant demand\u00e9 de rester prudente. La r\u00e9cup\u00e9ration pouvait \u00eatre irr\u00e9guli\u00e8re, les progr\u00e8s fragiles, et des s\u00e9ances de r\u00e9\u00e9ducation seraient n\u00e9cessaires. Je n\u2019avais re\u00e7u aucune promesse de gu\u00e9rison compl\u00e8te. Mais je pouvais enfin esp\u00e9rer distinguer de nouveau certains visages et retrouver des rep\u00e8res visuels. En sortant du cabinet, j\u2019avais eu envie d\u2019appeler Ashton. Mon doigt \u00e9tait rest\u00e9 longtemps au-dessus de son nom sur l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9tais retenue parce que je souhaitais d\u2019abord comprendre l\u2019\u00e9tendue de mes progr\u00e8s. Depuis l\u2019accident, chaque consultation concernait \u00e9galement mon mari. Il prenait les rendez-vous, posait des questions, conservait les documents et expliquait ensuite ce qu\u2019il avait compris. Cette fois, je voulais vivre une \u00e9tape m\u00e9dicale sans devoir imm\u00e9diatement r\u00e9pondre \u00e0 ses inqui\u00e9tudes. Je d\u00e9sirais surtout lui offrir une surprise lorsque je pourrais enfin regarder son visage. J\u2019imaginais son sourire, ses bras autour de moi et cette joie partag\u00e9e qui effacerait, ne serait-ce que quelques minutes, les difficult\u00e9s accumul\u00e9es entre nous.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, apr\u00e8s avoir cach\u00e9 la bo\u00eete, Ashton m\u2019a demand\u00e9 si ma journ\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 agr\u00e9able. J\u2019ai parl\u00e9 de la musique que j\u2019avais \u00e9cout\u00e9e et du temps pass\u00e9 pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Lui m\u2019a racont\u00e9 une r\u00e9union, un dossier compliqu\u00e9 et les probl\u00e8mes d\u2019un coll\u00e8gue. Il parlait avec naturel, mais son regard revenait r\u00e9guli\u00e8rement vers le lit. Je distinguais difficilement les traits de son visage, pourtant le mouvement \u00e9tait \u00e9vident. \u00c0 deux reprises, il a interrompu sa phrase pour regarder dans cette direction. Je me suis demand\u00e9 s\u2019il craignait d\u2019avoir mal dissimul\u00e9 son secret.<\/p>\n<p>\u00ab Tu as l\u2019air pr\u00e9occup\u00e9 \u00bb, ai-je fini par lui dire. Ashton a pos\u00e9 une main sur le dossier du fauteuil. \u00ab C\u2019est le travail. Rien de grave. \u00bb Je lui ai demand\u00e9 s\u2019il voulait en discuter. Il a r\u00e9pondu qu\u2019il \u00e9tait fatigu\u00e9 et qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait ne pas passer toute la soir\u00e9e \u00e0 expliquer ses soucis. Son ton \u00e9tait plus sec que n\u00e9cessaire. Apr\u00e8s un silence, il s\u2019est excus\u00e9 et m\u2019a embrass\u00e9e sur le front. Je sentais encore la chaleur de ses l\u00e8vres lorsqu\u2019il a quitt\u00e9 la chambre.<\/p>\n<p>Je suis rest\u00e9e pr\u00e8s de la fen\u00eatre jusqu\u2019\u00e0 ce que le ciel s\u2019assombrisse. Les derni\u00e8res lueurs \u00e9taient faibles, mais je pouvais distinguer une bande claire au-dessus des arbres. Cette simple image m\u2019aurait remplie de bonheur quelques heures auparavant. \u00c0 pr\u00e9sent, je regardais surtout le lit et l\u2019espace invisible sous le sommier. Je pensais aux semaines pr\u00e9c\u00e9dentes, aux appels \u00e9court\u00e9s et aux d\u00e9penses qu\u2019Ashton refusait d\u2019expliquer. Une hypoth\u00e8se p\u00e9nible commen\u00e7ait \u00e0 se former. Avait-il rencontr\u00e9 quelqu\u2019un ? La bo\u00eete contenait-elle des objets qu\u2019il ne voulait pas que je d\u00e9couvre ? Je n&#8217;avais aucune r\u00e9ponse, seulement le souvenir pr\u00e9cis de ses mains press\u00e9es.<\/p>\n<p>Au d\u00eener, nous avons parl\u00e9 de sujets sans importance. Ashton avait pr\u00e9par\u00e9 un plat que j\u2019aimais particuli\u00e8rement. Il m\u2019a demand\u00e9 si je souhaitais davantage de sauce, puis a attendu que je lui tende mon assiette. Je me suis surprise \u00e0 observer la mani\u00e8re dont il tenait sa fourchette. Deux ans plus t\u00f4t, ce spectacle m\u2019\u00e9tait familier. Maintenant, chaque d\u00e9tail retrouv\u00e9 semblait porteur d\u2019une signification nouvelle. Il me racontait une anecdote, et je me demandais si les m\u00eames l\u00e8vres avaient prononc\u00e9 des mensonges pendant des mois.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, il s\u2019est couch\u00e9 tard. Je l\u2019ai entendu poser son t\u00e9l\u00e9phone sur la table de nuit et remonter doucement la couverture. Dans l\u2019obscurit\u00e9, nous avions pris l\u2019habitude de nous rassurer par de petits contacts. Sa main cherchait autrefois la mienne avant qu\u2019il s\u2019endorme. Cette fois, elle est rest\u00e9e pr\u00e8s de son oreiller. Je n\u2019ai pas fait le premier geste. J\u2019essayais de comprendre comment l\u2019homme qui avait veill\u00e9 sur moi avec tant de patience pouvait aussi se comporter comme s\u2019il existait une partie de sa vie \u00e0 laquelle je n\u2019avais pas le droit d\u2019acc\u00e9der.<\/p>\n<p>Au matin, Ashton s\u2019est lev\u00e9 avant moi. Il m\u2019a indiqu\u00e9 que mon d\u00e9jeuner se trouvait au r\u00e9frig\u00e9rateur et que les objets n\u00e9cessaires \u00e9taient \u00e0 leur place habituelle. J\u2019ai r\u00e9pondu avec calme. Il a embrass\u00e9 ma joue, pris ses cl\u00e9s et quitt\u00e9 la maison. J\u2019ai attendu d\u2019entendre sa voiture sortir de l\u2019all\u00e9e. Puis j\u2019ai compt\u00e9 lentement jusqu\u2019\u00e0 trente, une vieille habitude qui m\u2019aidait \u00e0 ma\u00eetriser mes \u00e9motions. Lorsque je me suis lev\u00e9e, mes jambes \u00e9taient raides et ma bouche s\u00e8che.<\/p>\n<p>J\u2019ai travers\u00e9 le couloir en effleurant le mur. Ma vue \u00e9tait meilleure dans la lumi\u00e8re du matin. Je distinguais le bord du tapis, les contours de la commode et le rectangle p\u00e2le de la fen\u00eatre. Arriv\u00e9e devant notre lit, je me suis agenouill\u00e9e et j\u2019ai soulev\u00e9 le couvre-lit. La poussi\u00e8re s\u2019est coll\u00e9e \u00e0 mes doigts. J\u2019ai avanc\u00e9 la main, rencontr\u00e9 une chaussure oubli\u00e9e, puis une surface froide et rigide. J\u2019ai tir\u00e9 doucement. La bo\u00eete r\u00e9sistait, coinc\u00e9e entre le sommier et un objet que je ne pouvais pas identifier. Apr\u00e8s plusieurs efforts, elle a gliss\u00e9 sur le parquet.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai pos\u00e9e devant moi. Elle \u00e9tait plus lourde que je ne l\u2019avais imagin\u00e9. Ses coins m\u00e9talliques \u00e9taient renforc\u00e9s et un petit cadenas \u00e0 trois chiffres prot\u00e9geait le couvercle. J\u2019ai suivi la serrure du bout des doigts, cherchant une ouverture. En d\u00e9pla\u00e7ant la bo\u00eete vers la fen\u00eatre, j\u2019ai remarqu\u00e9 une fine bande de papier coinc\u00e9e sous le fermoir. Je l\u2019ai d\u00e9gag\u00e9e avec pr\u00e9caution. Elle avait \u00e9t\u00e9 repli\u00e9e plusieurs fois, comme si quelqu\u2019un avait voulu la dissimuler sans risquer de la perdre.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9criture \u00e9tait celle d\u2019Ashton. Je reconnaissais la pente particuli\u00e8re de ses lettres et la pression irr\u00e9guli\u00e8re qu\u2019il exer\u00e7ait sur le papier. J\u2019ai rapproch\u00e9 le billet de mes yeux, puis l\u2019ai \u00e9loign\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement jusqu\u2019\u00e0 ce que les mots prennent forme. Ce que j\u2019ai lu m\u2019a laiss\u00e9e immobile, le souffle court. Il ne s\u2019agissait ni d\u2019une adresse ni d\u2019une liste de courses. C\u2019\u00e9tait une instruction, et elle me concernait directement. Ashton avait \u00e9crit qu\u2019on devrait me r\u00e9v\u00e9ler quelque chose lorsque je serais de nouveau capable de voir.<\/p>\n<p>J\u2019ai relu la phrase plusieurs fois. Elle supposait qu\u2019une autre personne connaissait le secret, qu\u2019un jour pr\u00e9cis pourrait arriver et que ma gu\u00e9rison changerait la situation. Je ne savais pas \u00e0 qui Ashton s\u2019adressait ni pourquoi il avait li\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation \u00e0 mon retour \u00e0 la vue. Mais une chose \u00e9tait devenue insupportablement claire : pendant que je r\u00eavais de lui annoncer mes progr\u00e8s, mon mari avait envisag\u00e9 ce m\u00eame \u00e9v\u00e9nement avec une inqui\u00e9tude que je ne comprenais pas. J\u2019ai pos\u00e9 le billet pr\u00e8s du cadenas. Quoi qu\u2019il se trouve dans cette bo\u00eete, je ne pouvais plus faire comme si je ne l\u2019avais jamais d\u00e9couverte.<\/p>\n<hr \/>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/readstoryus.com\/?p=5782\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 2 : Le code d\u2019une bo\u00eete verrouill\u00e9e m\u2019a ramen\u00e9e au premier jour de notre amour et aux photographies d\u2019une femme inconnue<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ashton venait de rentrer lorsque je l\u2019ai aper\u00e7u \u00e0 genoux devant notre lit. Il tenait une petite bo\u00eete noire contre sa poitrine, comme s\u2019il craignait qu\u2019elle lui \u00e9chappe. Il a &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5781","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-readmore"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5781","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5781"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5781\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5811,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5781\/revisions\/5811"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5781"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5781"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/readstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5781"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}