PARTIE 5 – Le message de Lauren ouvrit une porte que personne n’avait voulu franchir, et soudain le bracelet ne semblait plus être le véritable secret

Je restai immobile dans le couloir, le téléphone entre les doigts.

Le premier message de Lauren avait été court. Le second avait changé la nature de tout ce qui venait de se passer.

« Le bracelet n’était pas la vraie raison pour laquelle j’ai fait ça. »

Puis :

« Il faut que tu saches ce que maman cachait depuis longtemps. »

Je relus les deux phrases plusieurs fois.

Dans l’appartement, personne ne sortait.

Je pouvais entendre le bruit étouffé d’une porte qui se refermait quelque part derrière moi, puis le ronronnement du réfrigérateur.

Je tapai finalement :

« Qu’est-ce qu’elle cache ? »

Les trois petits points apparurent presque immédiatement.

Puis disparurent.

Réapparurent.

Disparurent encore.

Je compris que Lauren hésitait.

Enfin, un nouveau message arriva.

« Pas par téléphone. Reviens seule. »

Je levai les yeux vers la porte de l’appartement.

Je venais à peine de partir.

Une partie de moi voulait retourner immédiatement à l’intérieur et exiger des réponses.

Une autre se souvenait du visage d’Emma lorsqu’elle avait demandé si je la croyais.

Je choisis la deuxième.

Je rentrai.

Lauren m’attendait dans le salon.

Margaret était toujours assise près de la table. Richard se tenait debout derrière elle.

Lorsque je refermai la porte, Lauren regarda mes mains.

« Emma n’est pas avec toi ? »

« Non. »

Elle sembla soulagée.

Margaret releva brusquement la tête.

« Qu’est-ce que tu fais encore ici ? »

Je regardai Lauren.

« Elle m’a demandé de revenir. »

Margaret se tourna vers sa fille.

« Pourquoi ? »

Lauren ne répondit pas.

Je posai mon sac sur le sol.

« Tu voulais me parler. Parle. »

Lauren se leva lentement.

Elle avait perdu l’assurance qu’elle affichait quelques minutes auparavant.

« Ce que je vais te dire ne va pas réparer ce qui s’est passé avec Emma. »

« Je sais. »

« Et je ne cherche pas à me justifier. »

« Alors commence. »

Lauren regarda notre mère.

Margaret secoua légèrement la tête.

« Ne fais pas ça. »

Ce furent les premiers mots qui me firent vraiment peur.

Pas parce qu’ils étaient menaçants.

Parce qu’ils confirmaient que Margaret savait exactement de quoi Lauren parlait.

Je regardai ma mère.

« Ne fais pas quoi ? »

Elle se leva.

« Lauren est bouleversée. Elle ne sait pas ce qu’elle raconte. »

Lauren eut un rire bref, sans joie.

« Si. Je sais très bien. »

Richard intervint.

« Peut-être qu’on devrait tous se calmer. »

Je me tournai vers lui.

« Non. Pas cette fois. »

Je désignai la chaise.

« Asseyez-vous tous. »

Personne ne discuta.

Lauren resta debout.

Elle prit une longue inspiration.

« Le bracelet n’a jamais été censé être volé. »

Je fronçai les sourcils.

« Alors pourquoi l’as-tu pris ? »

« Pour faire croire à maman qu’elle avait perdu quelque chose. »

« Ça n’explique pas Emma. »

« Je sais. »

Sa voix trembla.

« Je voulais lui faire peur. »

Je restai silencieuse.

« À maman ? »

Elle hocha la tête.

« Oui. »

Margaret se redressa.

« Tu es complètement folle. »

Lauren ne la regarda même pas.

« Depuis des années, maman utilise les mêmes méthodes. Quand quelque chose disparaît, elle accuse quelqu’un. Quand quelqu’un lui résiste, elle le culpabilise. Quand elle ne peut pas contrôler une situation, elle trouve une personne plus faible à qui faire porter la faute. »

Margaret frappa la table du plat de la main.

« Ça suffit. »

Lauren sursauta.

Mais elle continua.

« Tu veux savoir pourquoi j’ai pris le bracelet ? »

Je ne répondis pas.

« Parce que je voulais qu’elle ressente ce que ça fait d’être accusée sans preuve. »

Je regardai Margaret.

Elle était devenue très pâle.

« Mais tu as laissé Emma être punie », dis-je.

Lauren baissa les yeux.

« Je pensais qu’elle allait simplement chercher le bracelet. »

« Et lorsqu’elle a décidé de raser la tête d’Emma ? »

Lauren ferma les yeux.

« J’aurais dû l’arrêter. »

« Oui. »

Un silence lourd s’installa.

« Pourquoi ne l’as-tu pas fait ? »

Elle regarda ses mains.

« Parce que j’avais peur d’elle. »

Cette réponse me surprit.

Lauren n’était plus une enfant.

Elle avait toujours été celle qui répondait à Margaret, celle qui semblait ne jamais avoir peur de rien.

Mais soudain, je compris que je n’avais jamais vraiment connu la relation entre elles.

Je m’assis.

« Depuis combien de temps ? »

Lauren haussa les épaules.

« Depuis que je suis petite. »

Margaret secoua la tête.

« Ne raconte pas n’importe quoi. »

Lauren la regarda enfin.

« Tu veux que je raconte tout ? »

Margaret ne répondit pas.

« Alors raconte », dis-je.

Lauren se tourna vers moi.

« Maman a toujours gardé certaines choses pour elle. Des documents. Des lettres. Des relevés. Des affaires concernant notre famille. Elle ne voulait pas que nous posions de questions. »

« Quelles affaires ? »

« Je ne savais pas tout. »

Elle s’arrêta.

« Mais il y a quelques mois, j’ai trouvé une enveloppe dans sa chambre. »

Margaret se leva.

« Lauren. »

Cette fois, sa voix n’était plus dure.

Elle était suppliante.

Lauren poursuivit.

« L’enveloppe portait ton nom. »

Je sentis mon ventre se nouer.

« Mon nom ? »

« Oui. »

« Qu’est-ce qu’il y avait dedans ? »

Lauren regarda Richard.

Il ne bougea pas.

« Des papiers concernant ton père. »

Je restai silencieuse.

Mon père était mort plusieurs années auparavant.

Je n’avais jamais pensé qu’il pouvait exister un secret familial lié à lui.

« Quel genre de papiers ? »

Lauren secoua la tête.

« Je n’ai pas tout lu. »

Margaret intervint :

« Parce qu’il n’y avait rien à lire. »

Lauren la fixa.

« Tu mens. »

Je me levai.

« Où sont les documents ? »

Margaret ne répondit pas.

« Maman. »

Elle regarda vers le couloir.

Puis vers Richard.

Enfin, elle dit :

« Ils ne te concernent pas. »

Je sentis quelque chose se briser en moi.

« Tu viens de dire exactement le contraire. »

Elle soupira.

« Tu ne comprends pas. »

« Alors explique-moi. »

« Il y a des choses que les enfants n’ont pas besoin de savoir. »

« Je ne suis plus une enfant. »

Personne ne répondit.

Lauren se dirigea vers un petit meuble.

Elle ouvrit un tiroir.

Puis elle en sortit une clé.

Je la regardai.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« La clé du secrétaire de maman. »

Margaret se leva brusquement.

« Donne-moi ça. »

Lauren recula.

« Non. »

« Lauren ! »

« Non. »

La voix de Lauren se brisa.

« Cette fois, tu ne vas pas décider à ma place. »

Elle posa la clé dans ma main.

Elle était froide.

Petite.

Lourde malgré sa taille.

« Le secrétaire est dans sa chambre », dit-elle.

Margaret se plaça devant la porte.

« Tu ne vas pas entrer là-dedans. »

Je la regardai.

« Pourquoi ? »

Elle ne répondit pas.

Et son silence fut plus révélateur que n’importe quelle explication.

Je passai devant elle.

Richard se leva.

« Attendez. »

Je me retournai.

Il avait les yeux humides.

« Il faut que je vous dise quelque chose avant que vous ouvriez ce tiroir. »

Je le fixai.

« Quoi ? »

Il prit une inspiration.

« Le secret que Margaret garde depuis toutes ces années n’a rien à voir avec Lauren. »

Il regarda sa femme.

Puis moi.

« Il te concerne directement. »

Je sentis ma main se resserrer autour de la clé.

« Et Emma ? »

Richard baissa la tête.

« Emma n’est pas concernée par le secret. »

Je soufflai lentement.

Au moins une chose était claire.

Mais cela ne répondait pas à la question qui me brûlait maintenant.

Pourquoi ma mère avait-elle conservé des documents sur mon père ?

Pourquoi Lauren avait-elle voulu provoquer cette situation ?

Et pourquoi Margaret avait-elle semblé terrifiée à l’idée que j’ouvre ce secrétaire ?

Je tournai la clé entre mes doigts.

Puis je me dirigeai vers la chambre.

Margaret ne me suivit pas.

Elle resta dans le salon.

Mais juste avant que je franchisse la porte, je l’entendis murmurer :

« Tu vas regretter de savoir. »

Je m’arrêtai.

Je ne me retournai pas.

« Je regrette déjà de ne pas avoir cherché plus tôt. »

J’entrai.

Le secrétaire se trouvait contre le mur, exactement comme Lauren l’avait décrit.

Je mis la clé dans la serrure.

Elle tourna.

Un petit déclic résonna dans la pièce.

Et derrière la porte du meuble, plusieurs enveloppes étaient soigneusement empilées.

La première portait mon nom.

La deuxième portait celui de mon père.

La troisième était beaucoup plus ancienne.

Elle portait une date remontant à l’année de ma naissance.


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 6 : Les vieux documents semblaient parler d’une autre vie, jusqu’à ce qu’un détail sur la naissance d’Emma fasse vaciller toutes ses certitudes

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Elle croyait retrouver sa fille après une semaine d’absence, mais ce qu’elle découvrit derrière la porte changea tout

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