PARTIE 7 – La poursuite de Thomas Vale révéla que quelqu’un avait manipulé les archives depuis notre première rencontre, et son dernier message portait mon nom

Nous quittâmes l’aéroport dans deux véhicules séparés.

Daniel conduisait le premier.

Je montai avec lui.

Ethan resta avec les agents dans le second véhicule.

Je regardais la route défiler derrière la vitre.

Chaque détail semblait désormais chargé d’une signification différente.

Une station-service.

Un panneau routier.

Une maison isolée.

Pendant vingt ans, j’avais vécu dans une histoire dont je ne connaissais pas les chapitres essentiels.

Daniel brisa le silence.

« Vous n’êtes pas obligée de venir. »

« Je sais. »

« Alors pourquoi venir ? »

Je regardai l’enveloppe posée sur mes genoux.

« Parce que toute ma vie, quelqu’un d’autre a décidé ce que je devais savoir. »

Daniel hocha la tête.

« Je comprends. »

« Non. »

Il me regarda brièvement.

« Vous ne pouvez pas comprendre. »

Je fixai la route.

« Mon père est mort. Ma mère est morte. J’ai épousé un homme qui connaissait mon passé avant que je connaisse le sien. Et maintenant j’apprends qu’une pièce sous ma maison contient des dossiers sur mon enfance. »

Je serrai l’enveloppe.

« Je veux simplement savoir ce qui m’a été caché. »

Nous roulâmes encore plusieurs minutes.

Puis Daniel reçut un appel.

Il répondit.

« Oui. »

Silence.

« Vous êtes sûr ? »

Un autre silence.

Son expression changea.

« Ne touchez à rien. Nous arrivons. »

Il raccrocha.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« L’adresse de Thomas Vale vient d’être abandonnée. »

« Depuis quand ? »

« Quelques heures. »

Je regardai l’enveloppe.

« Il savait que nous venions. »

Daniel acquiesça.

« Oui. »

Nous arrivâmes devant une maison de briques située au bout d’une rue calme.

La porte d’entrée était ouverte.

Deux agents attendaient déjà.

L’un d’eux nous fit signe.

« Personne à l’intérieur. »

Nous entrâmes.

La maison était vide.

Mais pas abandonnée.

Des tasses encore chaudes se trouvaient sur la table.

Une lampe fonctionnait dans le salon.

Un ordinateur portable était ouvert.

Une chaise était légèrement reculée.

Quelqu’un venait de partir.

Daniel s’approcha de l’ordinateur.

« Ne touchez à rien. »

Il regarda l’écran.

Une page de texte était ouverte.

Un seul nom apparaissait.

Claire.

Je sentis un frisson parcourir mon dos.

Daniel lut la ligne suivante.

« Vous êtes arrivée trop tard. »

Puis une autre.

« Mais vous avez enfin ouvert la bonne porte. »

Je m’approchai.

« C’est pour moi. »

Daniel hocha la tête.

« Oui. »

Le document contenait ensuite une série de coordonnées.

Une adresse.

Puis une date.

Et enfin une phrase :

« La vérité se trouve là où votre mère a commencé à mentir. »

Je restai immobile.

« Ma mère ne me mentait pas. »

Daniel répondit doucement :

« Peut-être qu’elle essayait de vous protéger. »

Je secouai la tête.

« Tout le monde dit ça. »

Nous fouillâmes la maison.

Dans une chambre, les agents découvrirent une armoire contenant plusieurs boîtes.

Certaines étaient vides.

D’autres contenaient des documents sur Blackwood Development.

Mais une boîte portait mon nom.

Je l’ouvris.

À l’intérieur, une cassette audio.

Une photographie.

Et une clé.

La photographie représentait ma mère devant un bâtiment que je ne connaissais pas.

Au dos était écrit :

« Première rencontre avec Vale. »

Je regardai Daniel.

« Cette photo date de quand ? »

Il examina le cliché.

« D’après les vêtements et le bâtiment, probablement vingt-cinq ans auparavant. »

« Avant ma naissance. »

« Oui. »

La cassette contenait une date.

Daniel trouva un lecteur dans la pièce voisine.

Nous l’écoutâmes.

La voix de ma mère apparut.

Elle semblait plus jeune.

Plus nerveuse.

« Je ne veux pas qu’elle grandisse avec cette histoire. »

Puis la voix de mon père.

« Nous devons partir. »

Ma mère répondit :

« Ils ne nous laisseront pas partir. »

Je fermai les yeux.

Ils parlaient de moi.

Encore.

Toujours.

Puis une troisième voix entra dans l’enregistrement.

Thomas Vale.

« Vous avez signé l’accord. »

Ma mère répondit :

« Nous avons signé pour protéger notre fille. »

Vale dit :

« Alors vous devez accepter les conséquences. »

La bande s’arrêta.

Je retirai mes mains de mes oreilles.

Daniel me regarda.

« L’accord. »

Je hochai la tête.

« Nous devons trouver ce qu’ils ont signé. »

Un agent entra.

« Monsieur Reeves. »

Il tenait un dossier.

« Nous avons trouvé quelque chose dans le garage. »

C’était un registre.

Il contenait des références à plusieurs propriétés.

Une adresse était surlignée.

Je la reconnus.

« C’est la maison où j’ai grandi. »

Daniel regarda la page.

« Elle appartenait à une société contrôlée par Thomas Vale. »

Je sentis mon cœur se serrer.

« Mes parents ne possédaient donc pas la maison ? »

« Pas officiellement. »

Je m’assis.

Tout ce que je croyais savoir sur mon enfance s’effondrait encore.

« Pourquoi ? »

Daniel répondit :

« Peut-être que cette propriété faisait partie de l’accord. »

Nous quittâmes la maison de Vale.

L’adresse indiquée par le document nous conduisit à une ancienne propriété située à la périphérie de la ville.

La maison était abandonnée depuis des années.

Les fenêtres étaient couvertes de poussière.

La porte grinça lorsque nous l’ouvrîmes.

Je reconnus pourtant immédiatement le salon.

Je l’avais vu dans mes souvenirs.

Le canapé.

La cheminée.

Le tapis.

Je n’avais pas remis les pieds ici depuis mon enfance.

Je m’approchai de la cheminée.

Ma main effleura la pierre.

Une sensation étrange me traversa.

« J’ai connu cet endroit. »

Daniel regarda autour de lui.

« Vous viviez ici ? »

« Oui. »

« Vous vous souvenez de quelque chose ? »

Je fermai les yeux.

Un couloir.

Une porte.

Ma mère qui pleurait.

Mon père qui criait au téléphone.

Une valise.

Puis un homme.

Thomas Vale.

Je rouvris les yeux.

« Il était ici. »

Daniel s’approcha.

« Quand ? »

« Le soir avant notre départ. »

Je regardai la cheminée.

« Mon père m’a dit de rester dans ma chambre. »

« Et vous avez obéi ? »

Je secouai la tête.

« Non. »

Un souvenir revint.

Une conversation.

Ma mère disait :

« Elle doit savoir un jour. »

Mon père répondait :

« Pas maintenant. »

Puis Vale :

« Il n’y aura peut-être jamais de plus tard. »

Je reculai.

« Je me souviens. »

Daniel me regarda.

« De quoi ? »

« D’une boîte. »

Je courus vers l’escalier.

Au deuxième étage, j’ouvris une petite chambre.

Je connaissais cet endroit.

Mon ancienne chambre.

Le papier peint avait disparu.

Mais une marque sur le mur était encore visible.

Je poussai un panneau.

Une petite cachette apparut.

Elle était vide.

Sauf pour une feuille pliée.

Je la pris.

C’était un dessin que j’avais fait enfant.

Un dessin représentant quatre personnes.

Mon père.

Ma mère.

Moi.

Et un quatrième homme.

Je reconnus Thomas Vale.

Je ne savais pas pourquoi je l’avais dessiné.

Mais au dos, une phrase écrite de la main de ma mère disait :

« Claire a vu plus qu’elle ne devrait. »

Je m’assis sur le sol.

Une mémoire fragmentée revenait.

Une nuit.

Une porte.

Un homme qui me demandait :

« Tu te souviendras de moi ? »

J’avais pleuré.

Ma mère m’avait prise dans ses bras.

Elle m’avait dit :

« Non, ma chérie. Tu oublieras. »

Je regardai Daniel.

« Elle savait que j’avais vu quelque chose. »

Il acquiesça.

« Probablement. »

« Mais quoi ? »

Une voix derrière nous répondit :

« Mon père. »

Je me retournai.

Ethan se tenait dans l’encadrement de la porte.

Je me levai.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? »

« Je devais venir. »

« Pourquoi ? »

Il regarda le dessin.

« Parce que je me souviens de cette nuit aussi. »

Je le fixai.

« Tu étais là ? »

Il hésita.

« Oui. »

« Quel âge avais-tu ? »

« Dix-sept ans. »

Je restai silencieuse.

« Pourquoi ne me l’as-tu jamais dit ? »

« Parce que mon père m’avait interdit de parler de cette nuit. »

« Et tu lui as obéi pendant vingt ans. »

« Oui. »

« Pourquoi ? »

Il me regarda.

« Parce qu’il m’a montré quelque chose. »

« Quoi ? »

« Un enregistrement. »

Daniel intervint.

« Quel enregistrement ? »

Ethan répondit :

« Celui où votre père explique qu’il a découvert que Thomas Vale travaillait pour plusieurs groupes qui cherchaient à contrôler les deux familles. »

Je fronçai les sourcils.

« Pourquoi mon père voulait-il partir ? »

Ethan répondit :

« Parce qu’il avait découvert que Vale n’était pas seulement intéressé par l’argent. »

« Par quoi alors ? »

« Par le contrôle des héritiers. »

Je compris.

« Moi. »

Il acquiesça.

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Parce que ton père avait transféré certains actifs à ton nom. »

Daniel se tourna vers moi.

« Quels actifs ? »

Ethan répondit :

« Ceux qui finançaient les fondations. »

Je secouai la tête.

« Je ne savais rien de tout cela. »

« C’était le but. »

Soudain, le téléphone de Daniel sonna.

Il décrocha.

Son visage se décomposa.

« Quoi ? »

Il écouta.

« Vous êtes certain ? »

Puis il me regarda.

« Nous avons retrouvé Thomas Vale. »

Je me redressai.

« Où ? »

Daniel répondit :

« Il vient d’entrer dans le bâtiment où votre père travaillait autrefois. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’une alarme vient de se déclencher. »

Nous nous précipitâmes dehors.

Le bâtiment était à plusieurs kilomètres.

Lorsque nous arrivâmes, les portes étaient ouvertes.

Des alarmes résonnaient.

Les agents entrèrent.

Je suivis Daniel.

À l’intérieur, les couloirs étaient plongés dans une lumière rouge intermittente.

Une silhouette disparut au bout du passage.

Daniel cria :

« Police ! Arrêtez-vous ! »

La silhouette continua.

Nous arrivâmes devant une ancienne salle d’archives.

La porte était verrouillée.

Un agent la força.

À l’intérieur, Thomas Vale se tenait devant une armoire ouverte.

Il nous regarda.

Il avait vieilli.

Mais son regard était exactement celui que je reconnaissais du souvenir de mon enfance.

« Claire. »

Je restai immobile.

« Vous vous souvenez de moi. »

Il sourit légèrement.

« Je savais que vous finiriez par vous souvenir. »

Daniel leva son arme.

« Ne bougez plus. »

Vale leva lentement les mains.

« Vous êtes trop tard. »

Il regarda l’armoire.

« La dernière preuve est déjà partie. »

Je m’approchai.

« Où est-elle ? »

Vale me regarda.

« Avec la personne qui vous a surveillée toute votre vie. »

Je fronçai les sourcils.

« Qui ? »

Il sourit.

« Votre mère. »

Je sentis mon cœur se contracter.

« Ma mère est morte. »

Vale répondit :

« C’est ce que vous croyez. »


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : La mort de ma mère semblait soudain impossible lorsque Thomas Vale révéla le secret qui avait été enterré avec mon ancienne identité

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Une ecchymose, un téléphone oublié et une conversation nocturne allaient révéler que mon mariage reposait sur quelque chose de bien plus sombre

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