L’ancien hôtel semblait encore plus sinistre que dans mes souvenirs. Les fenêtres étaient couvertes de poussière et une partie de l’enseigne s’était détachée du bâtiment.
Nous entrâmes par une porte latérale.
Lauren connaissait encore le chemin.
— La chambre dix-sept est au deuxième étage.
Nous montâmes l’escalier.
Chaque marche grinçait.
La porte de la chambre était verrouillée.
Je sortis la petite clé.
Elle entra parfaitement.
Le verrou céda.
À l’intérieur, il n’y avait presque rien.
Un lit ancien.
Une armoire.
Un miroir couvert d’un drap.
Et une petite table.
Lauren avança lentement.
— Je n’ai jamais compris pourquoi maman venait ici.
Je retirai le drap du miroir.
Derrière celui-ci se trouvait une petite ouverture dans le mur.
Je sentis mon cœur battre plus vite.
Nous découvrîmes une seconde cachette.
Elle contenait plusieurs cassettes vidéo, un carnet et une enveloppe.
Le carnet appartenait à Margaret.
Les premières pages parlaient de choses ordinaires.
Puis les entrées devenaient de plus en plus inquiétantes.
Margaret écrivait qu’elle avait découvert la vérité sur Richard.
Il avait détourné l’argent, mais il n’avait pas agi seul.
Plusieurs membres de la famille avaient accepté de fermer les yeux.
En échange, ils avaient tous reçu quelque chose.
Protection.
Argent.
Propriétés.
Silence.
Puis une page mentionnait Emma.
« L’enfant ne doit jamais être impliquée. »
Je relus la phrase.
Lauren pâlit.
— Pourquoi maman écrivait-elle ça ?
— Parce qu’elle savait qu’Emma pouvait devenir une cible.
Une autre page expliquait que Margaret avait placé une partie des preuves dans plusieurs endroits afin que personne ne puisse tout détruire en une seule fois.
La boîte noire n’était qu’une première partie.
La chambre dix-sept en était une autre.
Mais il manquait encore la dernière.
Le carnet indiquait seulement :
« Celui qui possède la troisième preuve possède la vérité entière. »
Nous regardâmes les cassettes.
Il y en avait six.
Je trouvai un vieux lecteur dans l’armoire.
La première cassette montrait Margaret assise dans cette même chambre.
Elle regardait directement la caméra.
— Si vous voyez ceci, c’est que je n’ai plus le choix.
Sa voix tremblait.
Elle expliquait qu’elle avait découvert une fraude organisée des années auparavant.
Puis elle prononça le nom de Richard.
La deuxième cassette était plus difficile à regarder.
On y voyait une réunion familiale.
Plusieurs personnes étaient assises autour d’une table.
Richard était là.
Thomas aussi.
Et Margaret.
Une discussion avait lieu au sujet d’un transfert d’argent.
Je compris que l’argent n’avait pas seulement été volé.
Il avait été utilisé pour acheter le silence d’une personne qui menaçait de révéler un autre secret.
La troisième cassette révéla le nom de cette personne.
C’était le père de Lauren.
Lauren porta une main à sa bouche.
— Non…
Elle recula.
— Maman m’a toujours dit qu’il était mort d’un accident.
Sur la cassette, Margaret expliquait que l’accident avait probablement été provoqué.
Je stoppai la vidéo.
— Lauren, tu veux continuer ?
Elle essuya ses larmes.
— Oui.
La quatrième cassette montrait Richard entrant dans la chambre.
Il ne savait manifestement pas qu’une caméra fonctionnait encore.
Il parlait avec Thomas.
Ils discutaient du bracelet.
Richard disait qu’il devait récupérer la clé avant que Margaret ne parle.
Puis Thomas prononça une phrase qui nous glaça :
— Et si elle l’avait déjà transmis à quelqu’un ?
Richard répondit :
— Alors nous devrons savoir à qui.
La cinquième cassette montrait Margaret avec une jeune femme que je ne connaissais pas.
Elles parlaient d’un dossier lié à Emma.
Mais la conversation fut interrompue avant que le nom de cette femme soit prononcé.
Je me tournai vers Lauren.
— Qui est-elle ?
Lauren regarda l’écran.
Son visage changea.
— Je la connais.
— Qui ?
— C’était l’assistante de maman.
— Où est-elle maintenant ?
Lauren secoua la tête.
— Elle a disparu.
Nous avions désormais une nouvelle piste.
Mais la sixième cassette était la plus importante.
L’image était sombre.
Margaret parlait seule.
— Si Richard découvre cette cassette, il comprendra que j’ai gardé une copie de tout.
Elle expliquait qu’elle avait confié la dernière preuve à quelqu’un qu’elle pensait incapable de la trahir.
Puis elle prononça un prénom.
Je le reconnus.
C’était celui de l’homme qui avait récemment commencé à travailler dans notre quartier.
Un homme que je croyais être un simple voisin.
Lauren le reconnut également.
— Ce n’est pas possible.
Nous entendîmes alors un bruit au rez-de-chaussée.
Une porte venait de claquer.
Quelqu’un était entré.
Je coupai immédiatement le lecteur.
Nous restâmes immobiles.
Des pas montèrent l’escalier.
Lentement.
Régulièrement.
Lauren chuchota :
— Richard ?
Je fis signe de ne pas parler.
Les pas s’arrêtèrent devant la porte.
La poignée bougea.
Puis une voix prononça mon nom.
— Je sais que vous êtes là.
Lauren serra mon bras.
La voix continua :
— Vous avez trouvé les cassettes. Mais vous n’avez toujours pas compris pourquoi Margaret a protégé Emma.
Je regardai la porte.
— Qui êtes-vous ?
Un silence.
Puis la réponse :
— Quelqu’un qui veut empêcher Richard de finir ce qu’il a commencé.
La poignée tourna.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : Ce que Margaret avait vraiment protégé
Le sourire de Richard disparaît lorsqu’il reconnaît mon fils, et son refus de rester révèle qu’il connaît un secret vieux de huit ans
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