PARTIE 9 – Une lettre inattendue de Julian fit ressurgir un détail oublié, et je compris que l’histoire du prêt n’était pas encore complètement terminée

Trois semaines s’étaient écoulées depuis le message de Julian lorsque je reçus une enveloppe à mon bureau.

Elle n’avait pas été envoyée par lui.

Le nom d’Elena Ross figurait dans le coin supérieur gauche, avec l’adresse de son cabinet. L’enveloppe était épaisse, fermée par une bande adhésive transparente.

Je la retournai entre mes doigts.

Maya entra au même moment.

« Tu as besoin de quelque chose ? »

« Je ne sais pas encore. »

Elle regarda l’enveloppe.

« Ça concerne Julian ? »

Je levai les yeux.

« Probablement. »

Maya posa un dossier sur mon bureau.

« Alors lis-la quand tu seras prête. LaSalle peut attendre dix minutes. »

Je souris.

« C’est exactement le contraire de ce que tu me dis d’habitude. »

« Aujourd’hui, je fais une exception. »

Elle sortit.

J’ouvris l’enveloppe.

La première page était une lettre d’Elena.

Elle expliquait que la banque avait terminé son examen préliminaire des documents utilisés pour le prêt. La demande avait été suspendue avant tout décaissement, mais plusieurs incohérences nécessitaient encore une vérification.

Je continuai.

Puis je m’arrêtai.

Une phrase indiquait que la banque avait reçu, avant la demande officielle, une copie d’un document provenant d’une adresse électronique qui n’appartenait ni à Julian ni à moi.

Je relus la phrase.

Une fois.

Deux fois.

Je pris mon téléphone.

« Elena, tu peux venir ? »

Elle répondit quelques minutes plus tard.

Lorsqu’elle entra, elle posa immédiatement son sac.

« J’ai vu ton message. »

Je lui montrai la page.

« Qui a envoyé ça ? »

« C’est justement ce que nous cherchons à déterminer. »

« Tu pensais que Julian avait fait tout ça seul. »

« Je pensais qu’il était le principal acteur. Je n’ai jamais dit qu’il était nécessairement le seul. »

Je me redressai.

« Tu as trouvé autre chose ? »

Elena sortit un second dossier.

« La banque a identifié trois versions différentes du document de propriété. »

Je regardai les copies.

Elles semblaient presque identiques.

Mais pas tout à fait.

Sur la première, la date était correcte.

Sur la deuxième, une référence cadastrale avait été modifiée.

Sur la troisième, mon nom figurait avec une signature numérique différente.

Je sentis une froideur descendre dans mon dos.

« Julian ne savait pas utiliser les systèmes de registre de la banque. »

« Peut-être pas. »

« Alors quelqu’un l’a aidé. »

Elena ne répondit pas immédiatement.

« C’est possible. »

Je me levai.

« Pourquoi ne pas me l’avoir dit avant ? »

« Parce que je ne voulais pas créer une nouvelle accusation sans éléments suffisants. »

Elle posa un doigt sur la troisième copie.

« Mais maintenant, nous avons un détail intéressant. »

Elle me montra une petite référence dans le pied de page.

« Cette version a été créée depuis un poste informatique appartenant à une société appelée Hartwell Advisory. »

Le nom ne me disait rien.

Je pris mon téléphone.

« Maya. »

Elle apparut quelques minutes plus tard.

Je lui montrai le document.

Son expression changea immédiatement.

« Hartwell ? »

« Tu connais ? »

« Je connais le nom. »

Elle s’assit.

« Ils ont travaillé comme consultants sur deux projets de Vance-Holbrook il y a plusieurs années. »

Je regardai Elena.

« Ils avaient accès à nos informations ? »

« À certaines informations publiques et à certains documents de projet, oui. »

Maya secoua la tête.

« Mais pas à tes données personnelles. »

Je regardai encore la signature.

« Alors comment ont-ils obtenu ce modèle ? »

Personne ne répondit.

Elena reprit le dossier.

« Il y a autre chose. »

Elle sortit une feuille imprimée.

« Une personne de Hartwell a quitté la société il y a environ huit mois. »

Je regardai le nom.

Daniel Mercer.

Il ne me disait rien.

Maya, en revanche, se souvenait.

« Il assistait à plusieurs réunions avec Julian. »

Je levai brusquement la tête.

« Avec Julian ? »

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Julian l’appelait parfois pour des conseils concernant son projet de cabinet. »

Je sentis mon estomac se nouer.

Le projet de cabinet.

Le fameux projet commercial qui n’avait jamais existé.

Ou peut-être existait-il sous une autre forme.

« Tu as les courriels ? »

Maya hocha la tête.

« Je peux les récupérer dans les archives professionnelles. »

Elena l’arrêta.

« Ne les modifie pas. Ne les transfère pas. Fais uniquement une copie conforme pour le service juridique. »

Maya acquiesça.

« Compris. »

Elle sortit.

Je me rassis.

Elena me regarda.

« Tu comprends maintenant pourquoi je t’ai demandé de ne pas considérer cette affaire comme complètement terminée. »

« Oui. »

« Mais ne tire pas de conclusion avant que nous ayons les preuves. »

Je hochai la tête.

Le lendemain matin, Maya me remit un rapport.

Elle avait retrouvé onze échanges entre Julian et Daniel Mercer.

Le premier datait de quatre mois avant la demande de prêt.

Le dernier avait été envoyé trois jours avant notre dispute.

Je parcourus les messages.

Au début, ils parlaient d’architecture.

Puis de financement.

Puis de mon entreprise.

Puis de ma propriété.

Je m’arrêtai sur une phrase de Julian.

« Elle ne vérifie jamais les documents administratifs. »

Je fermai les yeux.

Il me connaissait donc suffisamment pour exploiter une habitude.

Mais ce n’était pas le pire.

Le pire était une réponse de Mercer.

« Il faut obtenir une copie propre de sa signature. Le reste pourra être reconstruit. »

Je posai la feuille.

« Là. »

Maya ne dit rien.

Je relus la phrase.

Une fois.

Puis encore.

Elena fut appelée immédiatement.

Elle arriva moins d’une heure plus tard.

Nous examinâmes les courriels ensemble.

« Voilà pourquoi il y avait plusieurs versions », dit-elle.

« Mercer préparait les documents. »

« Probablement. »

« Et Julian fournissait les informations. »

« C’est ce que les messages suggèrent. »

Je regardai par la fenêtre.

Je pensais à la matinée où Julian avait bloqué la porte.

À la façon dont il avait prétendu que j’avais trébuché.

À son calme lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait besoin de ma signature.

Tout avait été plus préparé que je ne l’avais imaginé.

Elena referma le dossier.

« Nous allons devoir contacter les enquêteurs de la banque. »

« Fais-le. »

« Et il faut informer Julian que nous avons découvert ces échanges. »

Je réfléchis.

« Pas directement. »

Elle leva les yeux.

« Pourquoi ? »

« Parce que je ne veux pas qu’il prévienne Mercer. »

Elena hocha lentement la tête.

« C’est prudent. »

Cette nuit-là, je dormis mal.

Pas parce que j’avais peur de Julian.

Parce que je pensais aux conséquences.

Il n’était peut-être pas seulement question d’un homme qui avait voulu obtenir de l’argent.

Il y avait peut-être quelqu’un d’autre derrière lui.

Quelqu’un qui connaissait suffisamment mon entreprise pour comprendre comment exploiter ses procédures.

À six heures vingt du matin, mon téléphone sonna.

Elena.

Je décrochai immédiatement.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Sa voix était basse.

« La banque vient de m’envoyer quelque chose. »

« Quoi ? »

« Une nouvelle demande de financement. »

Je me redressai dans mon lit.

« Au nom de Julian ? »

« Non. »

Elle marqua une pause.

« Au nom de Daniel Mercer. »


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 10 : Le nom de Mercer ouvrit une porte que nous n’avions jamais regardée, révélant pourquoi Julian avait été si pressé de contrôler mes comptes

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Quand mon mari m’empêcha de partir, je compris que cette matinée ne concernait plus seulement mon travail

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