PARTIE 7 – La disparition de Madame Brooks fit comprendre que les vidéos n’étaient qu’une partie du problème, et Lily se souvint enfin d’un détail oublié

Caldwell demanda au directeur de fermer les portes de l’école.

Personne ne devait partir sans être identifié.

Les Ashford restèrent assis.

Marcus se tenait près de la fenêtre.

Lily était toujours à mes côtés.

Je pouvais sentir sa petite main trembler dans la mienne.

— Papa ?

— Oui ?

— Est-ce que Madame Brooks va faire du mal à Tommy ?

Je répondis immédiatement.

— Non.

Mais cette fois, ma voix manquait de certitude.

Je ne voulais pas l’effrayer.

Pourtant, quelque chose me disait que la situation dépassait largement une affaire de cour de récréation.

Caldwell demanda au directeur d’appeler le personnel administratif.

Quelques minutes plus tard, plusieurs employés arrivèrent.

Chacun fut interrogé séparément.

La plupart affirmaient ne rien savoir.

Certains avaient entendu parler de problèmes entre élèves.

Personne ne disait avoir vu Madame Brooks avec Damian.

Puis une secrétaire entra.

Elle tenait un dossier.

— Monsieur Delaqua, vous vouliez voir les registres disciplinaires ?

Le directeur acquiesça.

Elle posa plusieurs chemises sur le bureau.

Caldwell les ouvrit.

Il parcourut les feuilles.

— Il y a combien de plaintes concernant Damian ?

La secrétaire hésita.

— Officiellement ?

— Oui.

— Six.

Madame Ashford se raidit.

— Six ?

La secrétaire hocha la tête.

— Mais certaines n’ont jamais été enregistrées comme plaintes formelles.

Je regardai le directeur.

— Combien en tout ?

Il ne répondit pas.

La secrétaire murmura :

— Au moins onze.

Le silence fut immédiat.

Onze incidents.

Onze fois où quelqu’un avait eu peur, perdu un objet, été humilié ou repoussé.

Et chaque fois, l’affaire avait été traitée séparément.

Caldwell ouvrit une chemise.

— Pourquoi ces deux pages ont-elles été retirées ?

Le directeur se pencha.

Deux feuilles manquaient.

La secrétaire regarda le dossier.

— Je ne sais pas.

— Qui avait accès à ces dossiers ?

Elle répondit :

— Le directeur, la responsable pédagogique et le service administratif.

Caldwell regarda Marcus.

— Vous avez vu ces plaintes ?

— Non.

— Madame Brooks ?

Marcus hocha lentement la tête.

— Elle m’a déjà demandé des informations sur certains incidents.

Caldwell prit une note.

Pendant ce temps, Lily regardait les dossiers.

Je remarquai qu’elle fixait particulièrement une photographie.

C’était une photo de classe.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle toucha l’image.

— Il manque quelqu’un.

Je pris la photographie.

Elle représentait une classe entière.

Au premier rang, plusieurs enfants souriaient.

Au fond, Damian et ses amis se tenaient ensemble.

— Qui manque ?

Lily pointa un garçon.

— Noah.

Je regardai la secrétaire.

— Pourquoi Noah n’est-il pas sur cette photo ?

Elle répondit :

— Il avait été absent ce jour-là.

Lily secoua la tête.

— Non.

— Lily ?

— Il était à l’école.

Tout le monde la regarda.

— Tu es certaine ?

— Oui.

Elle indiqua un coin de la cour visible derrière les enfants.

— Je l’ai vu ce jour-là.

Caldwell prit la photo.

— Pourquoi cela serait-il important ?

Lily hésita.

Puis elle expliqua que Noah avait souvent été absent des photos de classe parce qu’il refusait de participer.

— Il avait peur qu’ils le prennent en photo.

Je compris.

Le dessin.

Le téléphone.

Les vidéos.

Ce n’était pas seulement Tommy.

Les enfants étaient filmés sans leur accord.

Peut-être depuis longtemps.

Caldwell demanda à la secrétaire de vérifier les rapports concernant Noah.

Elle sortit une autre chemise.

Le premier document mentionnait des absences répétées.

Le deuxième parlait d’anxiété.

Le troisième indiquait que les parents avaient demandé un changement de classe.

Le quatrième n’avait aucune suite.

Je lus la date.

C’était deux jours après l’une des premières vidéos de Damian.

Je regardai Caldwell.

— Ils ont essayé de partir.

Il hocha la tête.

— Et personne n’a relié les incidents.

Lily serra ma main.

— Papa.

Je me penchai.

— Quoi ?

Elle regarda Marcus.

— Il y a une autre vidéo.

Marcus fronça les sourcils.

— Laquelle ?

— Celle où Noah pleure.

Le surveillant pâlit.

— Je ne l’ai jamais vue.

Lily répondit :

— Tu n’étais pas là.

Caldwell demanda :

— Qui était là ?

Elle réfléchit.

Ses sourcils se rapprochèrent.

Puis elle prononça un nom.

— Madame Brooks.

La secrétaire lâcha le dossier qu’elle tenait.

Il tomba sur le sol.

Je la regardai.

— Vous saviez quelque chose ?

Elle secoua la tête.

— Non.

Mais sa réaction me fit douter.

Caldwell ramassa le dossier.

— Je vais vous demander de ne plus rien déplacer.

Il demanda ensuite les enregistrements des caméras de sécurité.

Le directeur expliqua que les images étaient conservées trente jours.

— Alors nous devons regarder celles du jour de l’incident.

Le technicien informatique fut appelé.

Il arriva avec un ordinateur portable.

Quelques minutes plus tard, les images de surveillance apparurent.

Le hangar était visible depuis une caméra extérieure.

Mais l’angle était imparfait.

On distinguait les enfants.

On voyait Lily courir.

On voyait Damian avancer vers elle.

Puis l’image se figea.

Le directeur se pencha.

— Pourquoi ça s’arrête ?

Le technicien vérifia.

— La caméra a été désactivée pendant onze minutes.

Caldwell se retourna.

— Par qui ?

Le technicien consulta les registres.

— Le système indique une intervention manuelle.

— Depuis quel poste ?

Il regarda l’écran.

— Depuis le bureau administratif.

Je regardai le directeur.

— Qui avait accès à ce poste ?

Il répondit d’une voix basse :

— Moi.

Caldwell attendit.

— Et Madame Brooks.

Le silence devint insupportable.

Puis le téléphone de Caldwell vibra.

Il répondit.

— Caldwell.

Il écouta.

Son visage changea.

— Vous êtes certain ?

Une pause.

— Envoyez-moi immédiatement l’adresse.

Il raccrocha.

Je le regardai.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Il hésita.

— Nous avons retrouvé la voiture de Madame Brooks.

— Où ?

— Sur le parking d’un ancien centre sportif, à environ huit kilomètres d’ici.

— Et elle ?

— Elle n’est pas dans la voiture.

Mon cœur se serra.

Caldwell continua :

— Mais il y a quelque chose à l’intérieur.

Il regarda Lily.

— Un sac d’enfant.

Lily se figea.

— Quel sac ?

Caldwell ne répondit pas immédiatement.

Puis il dit :

— Un sac vert.

Je regardai Lily.

Elle avait reconnu la couleur.

Le même sac que Noah portait sur la vidéo.


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Story Parts

Un appel interrompit ma présentation et, en moins de quinze minutes, me conduisit devant une porte derrière laquelle l’avenir de ma fille semblait déjà condamné

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