PARTIE 10 – Noah fut retrouvé vivant mais incapable de parler, et l’objet découvert dans sa poche relia directement son silence aux secrets cachés dans l’école

Le trajet jusqu’au centre sportif fut court, mais personne ne parla.

Lily resta avec moi dans la voiture de l’école, sous la surveillance d’une policière. Caldwell conduisait devant nous.

Je ne savais pas ce que nous allions trouver.

Tout ce que je savais, c’était que Noah avait été retrouvé vivant.

Cette seule information me permettait de respirer.

Lorsque nous arrivâmes, plusieurs véhicules de police étaient déjà stationnés devant un bâtiment abandonné depuis des années. Les vitres du rez-de-chaussée étaient couvertes de poussière et certaines portes portaient encore les anciennes affiches d’un club sportif qui avait fermé.

Caldwell nous demanda d’attendre.

Je descendis malgré tout.

— Je veux voir Noah.

— Vous pourrez le voir, mais laissez les agents faire leur travail.

Je hochai la tête.

Lily me prit la main.

— Il va bien ?

— On va le savoir.

Une policière nous conduisit à l’intérieur.

L’air sentait le béton humide et le vieux bois. Une lumière grise passait par les fenêtres cassées.

Au fond du couloir, nous entendîmes une voix.

Un agent apparut.

— Il est là.

Noah était assis contre un mur.

Il était vivant.

Son visage était pâle.

Son sac vert avait disparu.

Il tenait ses genoux contre sa poitrine.

Lorsque Lily le vit, elle courut vers lui, mais la policière lui demanda de ralentir.

— Noah ?

Le garçon leva les yeux.

Il reconnut Lily.

Une expression de soulagement passa sur son visage.

— Je savais que tu viendrais, murmura-t-il.

Lily s’assit devant lui.

— Je t’ai cherché.

Noah regarda derrière elle.

— Ils savent ?

— Qui ?

Il ne répondit pas.

Caldwell s’accroupit.

— Noah, personne ne va te faire de mal. Nous devons comprendre ce qui s’est passé.

Le garçon se mit à trembler.

Je remarquai immédiatement ses mains.

Elles étaient couvertes de poussière.

Il avait dû rester longtemps dans cette pièce.

Caldwell ne le pressa pas.

— Où est ton sac ?

Noah baissa les yeux.

— Ils l’ont pris.

— Qui ?

Le garçon ferma les yeux.

— Je ne sais pas.

Lily parla doucement.

— Tu peux me le dire.

Noah la regarda.

— J’avais peur.

— Je sais.

— Je voulais partir.

— Je sais.

Il respira difficilement.

Puis il sortit quelque chose de sa poche.

Une petite clé.

La même que Lily avait décrite.

Caldwell la prit.

— À quoi sert-elle ?

Noah répondit :

— Au casier.

— Quel casier ?

Il regarda Lily.

— Celui du sous-sol.

Le directeur Delaqua, qui venait d’entrer, s’arrêta net.

— Il n’y a pas de casiers au sous-sol.

Noah le regarda.

— Si.

Le directeur pâlit.

Caldwell se redressa.

— Monsieur Delaqua, je pense que nous allons retourner à l’école.

Noah expliqua ensuite qu’il avait découvert une ancienne zone de stockage sous le bâtiment administratif. Elle avait été condamnée depuis plusieurs années, mais une porte restait accessible depuis un couloir de maintenance.

Il y avait des casiers métalliques.

Certains étaient encore utilisés.

Noah avait trouvé une clé dans une boîte abandonnée.

Il avait ouvert l’un des casiers.

À l’intérieur, il avait trouvé des copies de documents et plusieurs cartes mémoire.

C’était ce qui l’avait poussé à commencer à enregistrer les événements.

— Pourquoi ne pas avoir montré tout cela à tes parents ?

Noah baissa les yeux.

— J’avais peur qu’on m’enlève l’école.

Caldwell fronça les sourcils.

— Qui t’a dit cela ?

Noah ne répondit pas.

Lily le regarda.

— Madame Brooks ?

Il acquiesça.

Mon cœur se serra.

Caldwell demanda :

— Est-ce elle qui t’a emmené ici ?

Noah secoua la tête.

— Non.

— Alors qui ?

Le garçon trembla.

— Je ne l’ai pas vu.

— Comment es-tu arrivé ici ?

— Quelqu’un m’a dit que Madame Brooks voulait me parler.

— Qui ?

Noah hésita.

Puis il répondit :

— Un garçon.

— Damian ?

Noah secoua la tête.

— Non.

Caldwell attendit.

— Un autre garçon.

L’information nous surprit tous.

— Quel garçon ?

Noah regarda Lily.

— Celui qui filmait.

Lily fronça les sourcils.

— Mais Damian filmait.

— Pas toujours.

Je sentis une nouvelle pièce du puzzle tomber à sa place.

Les vidéos de Damian n’étaient peut-être pas toutes enregistrées par lui.

Certains fichiers provenaient d’un autre enfant.

Quelqu’un qui avait filmé les scènes pour une raison différente.

Caldwell demanda :

— Comment s’appelle-t-il ?

Noah ouvrit la bouche.

Puis un bruit retentit dans le couloir.

Tous les policiers se retournèrent.

Un agent entra.

— Nous avons trouvé quelque chose dans la voiture de Madame Brooks.

Il tenait un sac transparent contenant un petit objet.

Un badge d’accès.

Caldwell le prit.

— À qui appartient-il ?

L’agent répondit :

— Il est enregistré au nom de Marcus Harris.

Je regardai Marcus.

Il était resté à l’entrée avec deux policiers.

Son visage se vida de toute expression.

— Ce n’est pas possible.

Caldwell lui montra le badge.

— Vous le reconnaissez ?

Marcus acquiesça.

— Oui.

— Vous l’avez perdu ?

— Il y a environ deux semaines.

Je me tournai vers lui.

— Et tu ne l’as jamais signalé ?

— Je pensais l’avoir simplement égaré.

Caldwell observa le badge.

— Ce badge a été utilisé hier soir.

Marcus secoua la tête.

— Je n’étais pas ici.

— Nous ne disons pas que vous étiez ici.

Marcus sembla soulagé.

Mais Caldwell ajouta :

— Nous devons savoir qui pouvait l’utiliser.

Le directeur répondit :

— Seulement quelques employés.

Noah regardait le badge.

Puis il murmura :

— Je l’ai vu.

Caldwell se tourna vers lui.

— Où ?

— Dans la main de l’homme qui m’a conduit ici.

Je sentis une nouvelle tension parcourir la pièce.

— Tu as vu son visage ?

Noah secoua la tête.

— Il portait une casquette.

— Sa voix ?

— Il ne parlait presque pas.

— Taille ?

— Grand.

Caldwell demanda :

— Quel âge environ ?

Noah réfléchit.

— Comme les adultes.

Ce détail ne nous avançait pas beaucoup.

Mais Noah ajouta :

— Il avait une cicatrice sur la main.

Marcus regarda immédiatement ses propres mains.

Elles étaient intactes.

Caldwell remarqua le mouvement.

— Quelque chose ?

Marcus secoua la tête.

— Non.

Nous retournâmes à l’école.

Cette fois, la porte du sous-sol fut ouverte sous la surveillance de plusieurs policiers.

Le directeur semblait de plus en plus mal à l’aise.

Il descendit les marches.

Une odeur de poussière et de métal humide montait du couloir.

Au bout, une porte rouillée apparut.

Derrière elle se trouvait une rangée de vieux casiers.

Noah reconnut immédiatement l’un d’eux.

Il indiqua le numéro.

Caldwell utilisa la petite clé.

Le casier s’ouvrit.

À l’intérieur se trouvaient plusieurs dossiers.

Des photographies.

Des clés USB.

Et un carnet.

Je pris le carnet.

La première page portait des dates.

La deuxième contenait des noms.

Je tournai une page.

Puis une autre.

Le nom de Tommy apparaissait.

Mais juste en dessous figurait une phrase manuscrite.

« Ne pas laisser les parents voir les images. »

Je relevai les yeux.

Le directeur était derrière moi.

Il tremblait.

Caldwell prit le carnet.

Il tourna quelques pages.

Puis il s’arrêta.

— Nous avons un problème.

— Quoi ?

Il me montra une entrée.

Elle portait la date du lendemain.

Et à côté du nom de Tommy figurait une heure précise.

Une heure qui n’était pas encore passée.


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 11 : Le carnet annonçait une nouvelle rencontre pour Tommy dès le lendemain, tandis qu’un enregistrement récent révélait qui contrôlait réellement les décisions de l’école

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Un appel interrompit ma présentation et, en moins de quinze minutes, me conduisit devant une porte derrière laquelle l’avenir de ma fille semblait déjà condamné

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