Je regardai la date.
Puis l’heure.
Puis le nom de mon fils.
— C’est demain.
Caldwell acquiesça.
— Oui.
Je sentis une vague de froid parcourir mon dos.
— Qu’est-ce qui était prévu ?
L’entrée du carnet indiquait seulement une heure et une salle.
Aucune explication.
La salle mentionnée se trouvait dans l’ancien bâtiment administratif.
Une pièce que je connaissais à peine.
Caldwell referma le carnet.
— Tommy ne retournera pas seul dans cette école demain.
— Il n’y retournera pas du tout tant que nous ne saurons pas ce qui se passe.
Je pris immédiatement mon téléphone.
Je voulais appeler la responsable du programme spécialisé.
Mais Caldwell leva une main.
— Avant cela, nous devons savoir si quelqu’un attend réellement Tommy demain.
Il demanda au technicien de vérifier les caméras.
Les enregistrements des derniers jours furent ouverts.
Nous regardâmes plusieurs séquences.
Rien.
Puis une image apparut.
Madame Brooks entrait dans l’ancien bâtiment administratif.
Elle portait une chemise cartonnée.
Quelques minutes plus tard, elle ressortait.
Derrière elle, quelqu’un suivait.
Je ne reconnus pas immédiatement la personne.
Puis Marcus parla.
— C’est le responsable informatique.
Le directeur secoua la tête.
— Il n’aurait aucune raison d’être là.
Caldwell demanda :
— Qui d’autre possède les clés de cette aile ?
Le directeur donna trois noms.
Marcus.
Le responsable informatique.
Madame Brooks.
Mais le carnet semblait indiquer que quelqu’un avait organisé les rendez-vous.
Caldwell ouvrit la clé USB trouvée dans le casier.
Il y avait un dossier nommé « réunions ».
À l’intérieur se trouvaient des fichiers audio.
Le premier enregistrement commença par des voix étouffées.
Puis celle de Madame Brooks devint claire.
— Il faut que les parents arrêtent de poser des questions.
Une voix masculine répondit.
Je ne la reconnus pas.
— Et si quelqu’un insiste ?
— Nous dirons qu’il s’agit de difficultés entre élèves.
Je sentis mes doigts se crisper.
L’enregistrement continua.
Ils parlaient des plaintes.
Des enfants.
Des vidéos.
Mais surtout de Tommy.
La voix masculine dit :
— Son père va finir par comprendre.
Madame Brooks répondit :
— Pas si nous réglons cela avant.
Je regardai Lily.
Elle écoutait en silence.
L’enregistrement s’arrêta.
Caldwell lança le suivant.
Cette fois, la conversation était plus récente.
— Damian a été trop loin.
C’était la voix de Madame Brooks.
— La vidéo pourrait nous exposer.
La voix masculine répondit :
— Alors récupérez-la.
Je me redressai.
— Ils savaient.
Caldwell acquiesça.
— Oui.
Le troisième enregistrement révéla quelque chose d’encore plus grave.
Madame Brooks parlait d’un « dossier central ».
Un dossier contenant des informations sur plusieurs élèves.
Elle disait qu’il fallait empêcher qu’il tombe entre les mains des parents.
Le nom de Noah fut prononcé.
Puis celui de Tommy.
Je n’arrivais plus à respirer normalement.
Caldwell arrêta l’enregistrement.
— Il faut identifier cette voix.
Le technicien proposa d’utiliser les enregistrements professionnels de l’école pour comparer.
Le directeur acquiesça.
Nous écoutâmes plusieurs voix du personnel.
Puis nous arrivâmes à celle du responsable informatique.
La ressemblance était frappante.
Mais Caldwell resta prudent.
— Nous devons obtenir une confirmation officielle.
Marcus, lui, regardait le sol.
Je le remarquai.
— Tu sais quelque chose.
Il releva les yeux.
— Non.
— Tu viens de reconnaître cette voix.
— J’ai déjà entendu cette personne parler.
— Ce n’est pas ma question.
Il soupira.
— Je savais qu’il y avait quelque chose.
Caldwell s’approcha.
— Quoi ?
Marcus expliqua qu’il avait remarqué des accès inhabituels aux dossiers de plusieurs enfants.
Il avait posé des questions.
On lui avait dit de ne pas s’en mêler.
— Qui ?
Il hésita.
— Madame Brooks.
— Et le responsable informatique ?
Marcus hocha la tête.
— Lui aussi.
Je regardai le directeur.
— Et vous ?
Il ne répondit pas.
Caldwell intervint.
— Monsieur Delaqua, nous avons besoin d’une réponse.
Le directeur s’assit.
— Je savais qu’il y avait des problèmes avec les dossiers.
— Depuis quand ?
— Quelques mois.
Je sentis ma colère monter.
— Quelques mois ?
— Je n’avais pas toutes les informations.
— Mais vous saviez suffisamment pour savoir qu’il fallait intervenir.
Il baissa la tête.
— Oui.
Lily, jusque-là silencieuse, posa une question.
— Pourquoi personne n’a protégé Tommy ?
Le directeur la regarda.
Il semblait incapable de lui répondre.
Caldwell s’agenouilla devant elle.
— Tu as raison de poser cette question.
Puis il se releva.
— Nous allons maintenant obtenir les réponses.
Le téléphone de Caldwell sonna.
Il décrocha.
Son expression changea.
— Oui.
Il écouta.
— Vous avez retrouvé Madame Brooks ?
Je me tournai immédiatement.
Caldwell resta silencieux pendant plusieurs secondes.
Puis il répondit :
— Où est-elle ?
Une pause.
— Je comprends.
Il raccrocha.
— Elle s’est présentée elle-même au commissariat.
Le soulagement fut bref.
— Pourquoi ?
— Elle affirme qu’elle veut parler.
— De quoi ?
Caldwell me regarda.
— De Tommy.
Je sentis Lily saisir ma main.
Caldwell continua :
— Elle dit qu’elle peut expliquer pourquoi votre fils figurait dans le carnet.
Nous partîmes immédiatement.
Au commissariat, Madame Brooks attendait dans une salle d’entretien.
Elle n’était plus la femme élégante et assurée que j’avais vue quelques heures auparavant.
Elle semblait épuisée.
Lorsque je pénétrai dans la pièce, elle leva les yeux.
— Monsieur Davis.
Je restai debout.
— Pourquoi le nom de mon fils se trouve-t-il dans votre carnet ?
Elle inspira profondément.
— Parce que quelqu’un voulait l’utiliser.
La phrase me frappa.
— Pour quoi ?
Elle regarda Caldwell.
— Je ne peux pas répondre ici.
— Vous êtes au commissariat.
— Je sais.
Elle baissa la voix.
— Il y a quelqu’un d’autre impliqué.
Caldwell se pencha.
— Qui ?
Madame Brooks regarda la caméra de surveillance.
Puis elle murmura :
— Quelqu’un qui connaît votre famille.
Je me figeai.
— Ma famille ?
Elle acquiesça.
— Cette personne savait qui était Tommy avant même son arrivée à Oakwood.
Le silence devint glacial.
— Qui ?
Madame Brooks hésita.
Puis elle prononça un nom.
Je le connaissais.
Et je compris immédiatement pourquoi elle avait eu peur de parler.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 12 : Le nom prononcé par Madame Brooks fit basculer l’affaire hors de l’école, et une ancienne décision familiale expliqua enfin pourquoi Tommy avait été ciblé
Un appel interrompit ma présentation et, en moins de quinze minutes, me conduisit devant une porte derrière laquelle l’avenir de ma fille semblait déjà condamné
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