Caldwell courait devant nous dans le couloir.
Je suivais Lily, qui avait cessé de courir quelques mètres derrière moi. Elle était petite, essoufflée et terrifiée, mais elle refusait de lâcher ma main.
La porte de la salle spécialisée était effectivement ouverte.
L’intérieur était vide.
Une chaise avait été renversée près d’une table.
Des crayons étaient éparpillés sur le sol.
Le sac de Tommy reposait contre le mur.
Je m’arrêtai net.
— Tommy !
Aucune réponse.
Je traversai la pièce.
Caldwell inspectait déjà les fenêtres et la porte arrière. Une policière vérifiait les toilettes et le petit local voisin.
— Il était ici, dis-je.
Caldwell désigna le sac.
— Oui.
Je pris une inspiration difficile.
Le sac était celui que Tommy utilisait chaque jour. Une petite fermeture éclair était ouverte.
À l’intérieur se trouvaient son carnet, une bouteille d’eau et une figurine qu’il emportait presque toujours avec lui.
Mais son manteau avait disparu.
Lily entra dans la pièce.
Elle regarda le sol.
Puis elle s’accroupit.
— Papa.
Je me penchai.
Elle montrait une petite trace près du seuil.
Une marque sombre, comme si quelqu’un avait frotté une semelle humide contre le sol.
Caldwell s’approcha.
— Ne touchez à rien.
Il observa la marque.
— Elle est récente.
Le technicien arriva avec une tablette.
— J’ai les caméras.
Nous nous regroupâmes autour de lui.
La caméra du couloir montrait Tommy entrant dans la salle quelques minutes avant l’alerte.
Il était seul.
Il portait son manteau.
Puis, à peine deux minutes plus tard, une personne apparut au bout du couloir.
Elle avançait sans se presser.
La vidéo était suffisamment claire pour distinguer un homme.
Casquette sombre.
Veste grise.
Sac à l’épaule.
Il s’arrêta devant la porte.
Regarda autour de lui.
Puis entra.
L’image changea.
Pendant près de trente secondes, rien ne se passa.
Ensuite, Tommy sortit.
Il marchait à côté de l’homme.
Il ne semblait pas paniqué.
C’était précisément ce qui me fit le plus peur.
Tommy ne suivait jamais un inconnu sans raison.
Il avait dû croire que cette personne était autorisée à l’emmener.
L’homme se tourna légèrement.
Son visage resta caché.
Puis ils disparurent dans l’escalier.
Caldwell demanda :
— Où mène cet escalier ?
Le directeur répondit :
— Au sous-sol.
Je le regardai.
— Encore le sous-sol.
Il acquiesça.
Nous descendîmes.
Cette fois, personne ne parla.
Le couloir souterrain semblait plus sombre qu’auparavant.
Caldwell avançait lentement, arme à la main, tandis que deux agents couvraient les intersections.
La porte de l’ancien local était entrouverte.
À l’intérieur, aucune trace de Tommy.
Mais une chaise était placée au milieu de la pièce.
Sur la chaise se trouvait une feuille.
Caldwell la prit avec des gants.
Une seule phrase y était écrite.
« Si vous voulez retrouver le garçon, venez seul. »
Je sentis Lily se rapprocher de moi.
Caldwell regarda le directeur.
— Quelqu’un savait que nous allions découvrir cette pièce.
Le directeur secoua la tête.
— Je n’ai prévenu personne.
— Quelqu’un vous a peut-être entendu.
Caldwell examina la feuille.
— L’écriture n’est pas celle de Madame Brooks.
Je regardai les caméras.
— Où est le responsable informatique ?
Personne ne répondit.
Puis Marcus entra dans le couloir.
Il était essoufflé.
— Caldwell !
L’officier se retourna.
— Quoi ?
— J’ai trouvé quelque chose dans la salle des serveurs.
Il tenait une clé.
— C’était sur le bureau du responsable informatique.
Caldwell la prit.
— Qu’est-ce qu’elle ouvre ?
Marcus hésita.
— Le portail arrière.
Nous nous rendîmes immédiatement à l’arrière de l’école.
Le portail était fermé.
Mais le système indiquait qu’il avait été ouvert dix minutes auparavant.
Caldwell demanda les images.
Une caméra extérieure montrait une voiture sombre quittant les lieux.
La plaque était partiellement visible.
Le technicien l’agrandit.
— J’ai six caractères.
Caldwell les nota.
Puis il appela le commissariat.
Quelques secondes plus tard, une réponse arriva.
Le véhicule était enregistré au nom du père de Damian.
Je sentis ma colère revenir.
— Il a pris Tommy.
Caldwell resta prudent.
— Nous n’avons pas encore la preuve qu’il se trouve dans cette voiture.
— Mais tous les indices…
— Je sais.
Lily regardait le portail.
Puis elle dit :
— Il ne l’a pas emmené par la voiture.
Nous nous tournâmes vers elle.
— Pourquoi ? demandai-je.
Elle pointa le sol.
— Tommy n’aime pas les voitures quand il ne sait pas où elles vont.
Je regardai les traces.
Deux séries de marques.
Une voiture avait quitté le portail.
Mais une petite empreinte apparaissait près d’un autre passage.
Le technicien vérifia les caméras secondaires.
Une image apparut.
Tommy marchait avec l’homme à la casquette.
Ils ne se dirigeaient pas vers le portail.
Ils allaient vers l’ancien centre sportif.
Je sentis mon souffle se bloquer.
— Le même endroit où Noah a été retrouvé.
Caldwell acquiesça.
Nous repartîmes immédiatement.
Pendant le trajet, il reçut plusieurs appels.
Le père de Damian avait quitté son domicile.
Le responsable informatique également.
Martin Cole restait introuvable.
Madame Brooks avait accepté de coopérer.
Et Damian lui-même avait demandé à parler à Caldwell.
Lorsque nous arrivâmes au centre sportif, plusieurs agents encerclaient déjà le bâtiment.
Caldwell me demanda de rester derrière le périmètre.
Je refusai.
— C’est mon fils.
— Justement. Si quelqu’un est encore à l’intérieur, vous ne devez pas entrer.
Je serrai les poings.
Lily me regarda.
— Papa, il faut écouter l’officier.
Je la regardai.
Elle avait raison.
Pour la première fois depuis le début de cette histoire, je ne pouvais pas simplement agir.
Quelques minutes passèrent.
Puis un agent sortit.
— Rien au rez-de-chaussée.
Caldwell demanda :
— Sous-sol ?
— On vérifie.
Une nouvelle équipe entra.
Le silence devint interminable.
Puis un cri retentit à l’intérieur.
— Caldwell !
L’officier partit.
Je fis un pas.
La policière me retint.
— Attendez.
Quelques secondes plus tard, Caldwell apparut dans l’encadrement.
Son visage avait changé.
— Nous l’avons trouvé.
Je cessai de respirer.
— Tommy ?
Il acquiesça.
— Il est vivant.
Je fermai les yeux.
Lily fondit en larmes.
Mais Caldwell leva immédiatement une main.
— Il faut rester calme.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
Il regarda derrière lui.
— Tommy était dans une pièce verrouillée.
Je sentis mon cœur se serrer.
— Avec qui ?
Caldwell répondit :
— Personne.
Puis il ajouta :
— Mais il y avait un téléphone posé devant lui.
Je fronçai les sourcils.
— Un téléphone ?
— Oui.
— Pourquoi ?
Caldwell hésita.
— Parce que quelqu’un voulait qu’il regarde une vidéo.
Je compris alors que même retrouvé, Tommy n’était pas encore au bout de ce que ses ravisseurs voulaient lui faire voir.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 14 : La vidéo destinée à Tommy révéla enfin le véritable objectif du piège, tandis que les mensonges accumulés par les adultes commencèrent à s’effondrer
Un appel interrompit ma présentation et, en moins de quinze minutes, me conduisit devant une porte derrière laquelle l’avenir de ma fille semblait déjà condamné
Part 13 of 15
