Tommy était assis dans un coin de la pièce.
Lorsqu’il me vit, il se leva immédiatement.
Je courus vers lui.
Je le pris dans mes bras.
Il s’accrocha à ma veste avec une force qui me brisa le cœur.
— Papa.
Un seul mot.
Mais il suffisait.
— Je suis là.
Je vérifiai rapidement ses bras, son visage et ses jambes.
Aucune blessure visible.
Il tremblait.
Je le serrai contre moi.
Lily arriva derrière moi.
Tommy la regarda.
Elle posa doucement sa main sur sa tête.
— Je t’ai trouvé.
Tommy acquiesça.
Puis il désigna le téléphone posé sur la table.
Caldwell s’approcha.
— Nous devons savoir ce qu’il a regardé.
Tommy recula.
Je lui dis :
— Tu n’as plus besoin de regarder.
Il secoua la tête.
Puis il pointa l’écran.
Caldwell lança la vidéo.
L’image montrait mon ancienne société.
Le bâtiment où j’avais travaillé avant de créer mon propre cabinet.
Martin Cole apparaissait dans le hall.
Je le reconnus immédiatement.
La vidéo avait été tournée des années auparavant.
Martin parlait avec plusieurs personnes.
Puis un document apparut à l’écran.
Je le connaissais.
C’était le dossier qui avait provoqué notre conflit professionnel.
Caldwell se tourna vers moi.
— C’est votre affaire ?
— Oui.
La vidéo continua.
Martin affirmait que je détenais des informations capables de compromettre plusieurs personnes.
Mais ce qu’il disait était faux.
Il avait tenté de me faire signer des documents que je savais irréguliers.
J’avais refusé.
Il avait perdu son poste.
L’enregistrement montrait ensuite une conversation avec son frère.
Le responsable informatique de l’école.
À cette époque, je ne savais même pas qu’ils étaient liés.
Ils parlaient de moi.
Puis de ma famille.
Puis de Tommy.
La vidéo se coupa.
Je regardai Caldwell.
— Depuis combien de temps avaient-ils préparé cela ?
Il répondit :
— Probablement plus longtemps que nous ne le pensions.
Madame Brooks entra dans la pièce.
Elle regarda Tommy.
Ses yeux se remplirent de larmes.
— Je suis désolée.
Je ne répondis pas.
Elle continua.
— J’ai essayé de limiter les dégâts.
— Vous auriez dû parler.
— Je sais.
Caldwell demanda :
— Où est Martin ?
Elle répondit :
— Je ne sais pas.
— Et le responsable informatique ?
— Il devait le rejoindre.
Caldwell reçut un appel.
Il s’éloigna.
Quelques secondes plus tard, il revint.
— Nous avons localisé la voiture.
— Où ?
— À quelques kilomètres.
— Et eux ?
— La voiture est vide.
Je regardai Tommy.
Il avait les yeux fermés.
Je compris qu’il était épuisé.
Caldwell demanda :
— Est-ce que Tommy peut nous dire comment il est arrivé ici ?
Je m’agenouillai.
— Tommy, tu peux répondre si tu veux.
Il réfléchit.
Puis il fit un geste.
Il indiqua son téléphone.
— Ils ont montré.
— Qui ?
Il secoua la tête.
— L’homme.
— Quel homme ?
Tommy leva une main.
Il montra son poignet.
Puis il fit un geste vers une cicatrice imaginaire.
Je compris.
L’homme avait une marque sur la main.
Le même détail que Noah avait donné.
Caldwell demanda :
— Martin ?
Tommy secoua la tête.
— Son frère ?
Encore non.
Je regardai Lily.
Elle réfléchissait.
Puis elle dit :
— Ce n’était pas un homme qu’ils avaient décrit.
Tout le monde se tourna vers elle.
— Quoi ?
Elle répondit :
— Noah a dit qu’il avait une cicatrice sur la main.
— Oui.
— Mais il n’a jamais dit qu’il avait une voix d’homme.
Caldwell resta immobile.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Lily expliqua qu’elle avait vu la personne dans le couloir avant que Noah disparaisse.
Elle avait cru que c’était un homme à cause de la veste et de la casquette.
Mais elle n’avait jamais vu son visage.
Caldwell demanda :
— Tu as entendu parler ?
— Non.
Puis Lily ajouta :
— La personne boitait.
Je pensai immédiatement à quelqu’un.
Madame Brooks.
Elle avait une légère boiterie depuis une ancienne blessure au genou.
Je la regardai.
Elle pâlit.
— Ce n’était pas moi.
Caldwell la fixa.
— Où étiez-vous quand Noah a disparu ?
— Au commissariat.
— Avant cela ?
— Dans ma voiture.
Lily secoua la tête.
— Ce n’était pas elle.
Je regardai ma fille.
— Comment peux-tu en être certaine ?
— Parce que la personne portait une montre noire.
Madame Brooks portait une montre argentée.
Caldwell demanda aux agents de vérifier les images du couloir.
Ils trouvèrent une séquence plus nette.
La personne qui avait accompagné Tommy avait effectivement une montre noire.
Le responsable informatique portait habituellement une montre noire.
Mais il n’était pas le seul.
Le père de Damian aussi.
Caldwell demanda à Damian de venir au commissariat.
Le garçon arriva avec sa mère.
Son père était toujours recherché.
Damian semblait bouleversé.
Caldwell lui montra l’image.
— Est-ce que tu reconnais cette personne ?
Damian regarda l’écran.
Il pâlit.
— Oui.
Sa mère lui prit le bras.
— Qui ?
Damian murmura :
— Mon père.
La pièce devint silencieuse.
Madame Ashford ferma les yeux.
— Non.
Damian pleurait.
— Il m’a dit que personne ne devait savoir.
Caldwell demanda :
— Savoir quoi ?
Le garçon répondit :
— Qu’il avait demandé aux adultes de l’école de faire disparaître les vidéos.
Je sentis ma colère se transformer en quelque chose de plus profond.
Son père avait réclamé cinq cent mille dollars.
Il avait accusé Lily.
Il avait utilisé son statut d’avocat.
Pendant ce temps, il avait lui-même participé à la manipulation des preuves.
Caldwell demanda :
— Où est ton père maintenant ?
Damian secoua la tête.
— Je ne sais pas.
Puis il ajouta :
— Mais il devait aller à la maison de mon grand-père.
Caldwell partit immédiatement avec plusieurs agents.
Quelques heures plus tard, Martin Cole fut arrêté.
Le responsable informatique fut arrêté à son tour.
Le père de Damian fut retrouvé au même endroit.
Ils avaient encore avec eux plusieurs appareils contenant des copies des vidéos et des documents.
Le réseau commençait enfin à s’effondrer.
Mais une dernière question restait.
Pourquoi l’enveloppe portant le nom de Tommy avait-elle été préparée avant même l’incident ?
Caldwell revint vers moi.
— Nous avons trouvé la réponse.
Il me tendit une copie d’un document.
La date remontait à plusieurs semaines.
Il s’agissait d’une note de Martin.
« Le garçon doit être utilisé comme levier. La fille réagira. »
Je regardai Lily.
Je compris alors ce qu’ils avaient voulu provoquer.
Ils avaient prévu que quelqu’un ferait du mal à Tommy.
Ils avaient prévu que Lily interviendrait.
Ils avaient prévu qu’elle frapperait Damian.
Ils avaient prévu que ses parents réclameraient une somme énorme.
Ils avaient même prévu que la police soit appelée.
Le coup porté par Lily n’était pas l’objectif final.
C’était le déclencheur.
Ils voulaient m’obliger à revenir sur mon ancienne affaire.
Mais ils avaient oublié quelque chose.
Ils n’avaient pas prévu Noah.
Ils n’avaient pas prévu Marcus.
Et surtout, ils n’avaient pas prévu que Lily refuse de se taire.
Je regardai ma fille.
Elle avait toujours cette petite main blessée.
Je pris doucement ses doigts.
— Tu as été courageuse.
Elle secoua la tête.
— J’avais peur.
— Être courageuse ne signifie pas ne pas avoir peur.
Elle se blottit contre moi.
Pour la première fois depuis des heures, je sentis que nous pouvions enfin rentrer chez nous.
Mais avant de partir, Caldwell s’approcha.
— Monsieur Davis.
Je me retournai.
— Oui ?
— Il y a encore une chose.
— Quoi ?
Il me tendit le téléphone récupéré dans la pièce où Tommy avait été retenu.
— Le dernier fichier vidéo n’a pas été créé par Martin.
Je regardai l’écran.
— Par qui ?
Caldwell répondit :
— Nous ne le savons pas encore.
Je fixai le fichier.
Sa date était celle du jour même.
Et son titre contenait quatre mots.
« Pour la petite fille. »
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 15 : La dernière vidéo expliqua pourquoi Lily avait été choisie, révéla le véritable plan derrière l’affaire et permit enfin à chaque famille de retrouver la paix
Un appel interrompit ma présentation et, en moins de quinze minutes, me conduisit devant une porte derrière laquelle l’avenir de ma fille semblait déjà condamné
Part 14 of 15
