PARTIE 2 – Le piège se referma dans les murs de la propriété, puis une vieille lettre révéla que mon propre nom cachait une histoire de sang

La porte métallique claqua derrière nous.

Je me précipitai vers la poignée, mais le verrou extérieur avait déjà été engagé. Helen recula d’un pas, une main contre sa poitrine.

« Ce n’est pas normal », murmura-t-elle.

Je frappai la porte.

« Arthur ! Ouvre immédiatement ! »

Une voix grésilla dans l’interphone.

C’était bien Arthur.

Mais sa voix n’avait plus rien de celle du serviteur discret que je connaissais.

« Je suis désolé, monsieur. »

Je cessai de frapper.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

Un silence.

Puis :

« Je protège ce qui doit l’être. »

Une odeur âcre commença à se répandre.

Helen toussa.

Je compris avant elle.

« Du gaz. »

Nous nous éloignâmes des grilles d’aération.

Helen courut vers le mur derrière le vieux lit médical.

« Il y a un passage. »

Elle poussa une moulure en bois.

Un panneau s’ouvrit.

Derrière, un conduit étroit disparaissait dans l’obscurité.

« Mon grand-père avait fait construire ces passages pendant la période où la famille était en guerre avec ses rivaux », expliqua-t-elle.

Je la poussai doucement à l’intérieur.

« Vas-y. »

Nous rampâmes dans le tunnel tandis que le gaz envahissait la pièce.

L’air sentait la poussière, l’humidité et la pierre froide. Je suivais Helen en éclairant le chemin avec mon téléphone.

« Arthur travaille pour ma mère depuis des décennies », dis-je.

« Non », répondit-elle. « Pas vraiment. »

Je m’arrêtai.

« Qu’est-ce que ça signifie ? »

Elle continua d’avancer.

« Il y a vingt ans, Arthur a cessé de recevoir ses ordres directement d’Eleanor. »

Je sentis un frisson me parcourir.

« De qui les recevait-il ? »

Helen ne répondit pas.

Des pas retentirent au-dessus de nous.

Quelqu’un traversait la bibliothèque.

Nous atteignîmes une grille rouillée.

À travers les barreaux, j’aperçus Marcus.

Mon cousin tenait une arme.

Je poussai le mécanisme caché.

Il se retourna immédiatement et leva son pistolet.

Puis il me reconnut.

« Julian ? »

Il abaissa son arme.

« Bon Dieu… je pensais être le seul encore en vie ici. »

Je sortis du passage.

« Où est ma mère ? »

« Je ne sais pas. »

« Et Grace ? »

Marcus secoua la tête.

« Les systèmes de sécurité ont été effacés. Arthur a supprimé les enregistrements. »

Helen sortit derrière moi.

« Il détruit les preuves. »

Marcus fronça les sourcils.

« Quelles preuves ? »

Helen se dirigea vers la bibliothèque.

Elle s’arrêta devant une rangée de livres reliés en cuir.

« Ton père m’a demandé de cacher quelque chose ici. »

Marcus pâlit.

« Mon père ? »

Helen passa les doigts derrière les volumes.

Un mécanisme céda.

Un compartiment secret s’ouvrit.

À l’intérieur se trouvait une enveloppe ancienne, attachée par un ruban bleu décoloré.

Marcus la prit.

Son nom figurait dessus.

Richard avait écrit cette lettre avant sa mort présumée.

Marcus brisa le sceau.

Il lut quelques lignes.

Son visage se vida de ses couleurs.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Il me tendit une photographie.

On y voyait mon père, Victor, debout devant un établissement médical.

À côté de lui se trouvait un homme que je reconnus à peine.

Richard.

Entre eux se tenait une jeune femme enceinte.

Ses cheveux noirs encadraient un visage doux.

Au dos de la photographie, une inscription était presque effacée.

Silver Lake, 1993.

Marcus relut la lettre.

« Cette femme s’appelait Sophie. »

Helen baissa les yeux.

« Le premier amour de Victor. »

Je regardai Marcus.

« Pourquoi ton père aurait-il gardé cette photo ? »

Il continua.

« Sophie devait avoir un enfant. La famille a affirmé qu’elle l’avait perdu. »

Il avala difficilement.

« Ce n’était pas vrai. »

Le silence s’épaissit.

« L’enfant a survécu », poursuivit-il. « Victor l’aurait éloigné de Sophie et l’aurait fait entrer dans la famille sous une autre identité. »

Je sentis mes doigts se refroidir.

« Quel âge avait-il ? »

Marcus me fixa.

« Il est né en 1993. »

Nous étions nés la même année.

Il recula.

« Julian… »

Je compris avant qu’il ne termine.

L’un de nous pouvait être l’enfant de Sophie.

La lettre contenait davantage, mais Marcus hésitait à tourner la page.

« Lis », dis-je.

Il obéit.

« Richard écrit que Victor a fait disparaître toute trace de la naissance. Il voulait préserver l’héritage. Il voulait que personne ne puisse contester la succession. »

Je pensai à Eleanor.

À sa froideur.

À la façon dont elle avait toujours parlé de moi comme d’un héritier avant de parler de moi comme de son fils.

Je repoussai cette pensée.

« Ça ne prouve rien. »

Helen me regarda.

« Pas encore. »

Mon téléphone vibra.

Le numéro affiché était celui de Grace.

Mon cœur s’arrêta presque.

Un premier message apparut.

Ne viens pas à la clinique.

Puis un second.

Le bébé est en sécurité.

Je répondis immédiatement.

Quelle promesse m’as-tu demandé de faire avant mon départ ?

La réponse arriva quelques secondes plus tard.

Promets-nous à tous les deux.

Je relus la phrase.

Quelque chose clochait.

Grace m’avait corrigé ce jour-là.

Elle n’avait pas dit « nous deux ».

Elle avait parlé du bébé comme d’un garçon.

Elle avait posé ma main sur son ventre et murmuré :

« Promets-moi que tu seras là quand il verra le monde. »

Je levai les yeux vers Marcus.

« Ce message n’est pas d’elle. »

« Pourquoi ? »

« Parce que celui qui l’a écrit ne connaît pas cette promesse. »

Helen comprit.

« La clinique de Silver Lake. »

Je regardai la photographie.

Le bâtiment en arrière-plan ressemblait à un établissement médical privé.

« C’est là qu’ils veulent nous envoyer. »

Marcus vérifia son arme.

« Alors allons-y. »

Nous quittâmes la bibliothèque par une sortie secondaire.

Avant de franchir la porte, je me retournai vers la maison.

Les murs avaient abrité ma famille pendant des générations.

Maintenant, ils me semblaient étrangers.

Dans la voiture, Marcus conduisit à travers la pluie.

Helen serrait toujours la lettre contre elle.

Après plusieurs kilomètres, elle parla.

« Eleanor connaissait Sophie. »

Je regardai la route.

« Depuis combien de temps ? »

« Depuis avant votre naissance. »

Marcus serra le volant.

« Et elle savait que Richard n’était peut-être pas mort ? »

Helen hésita.

« Elle avait peur de lui. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il connaissait le secret de Victor. »

Je regardai par la fenêtre.

« Quel secret ? »

Helen répondit à voix basse.

« Le secret du véritable héritier. »

La clinique apparut peu avant trois heures du matin.

Un bâtiment blanc, massif, presque sans fenêtres.

Les grilles étaient ouvertes.

Aucune voiture de sécurité ne gardait l’entrée.

Marcus coupa le moteur.

Nous descendîmes sous la pluie.

À l’intérieur, tout sentait le désinfectant et la lavande.

Une femme en tenue médicale nous attendait derrière l’accueil.

Elle leva les yeux.

« Julian Vance. »

Je m’avançai.

« Où est ma femme ? »

Elle ne bougea pas.

« Vous arrivez trop tard. »

Marcus sortit son arme.

« Nous ne sommes pas venus discuter. »

La femme regarda Helen.

« Vous auriez dû rester à la maison. »

Puis elle regarda de nouveau Julian.

« Votre femme a été amenée ici en plein travail. »

Je me penchai sur le comptoir.

« Est-ce que mon enfant est vivant ? »

La docteure prit une inspiration.

« Votre femme luttait contre les sédatifs. Elle était terrifiée. Mais elle était consciente. »

« Où est-elle ? »

La femme désigna un couloir.

« Quelqu’un l’a emmenée. »

Je fis un pas.

À cet instant, les portes principales s’ouvrirent derrière nous.

Eleanor entra sous la pluie.

Son visage n’avait plus rien de serein.

Elle semblait terrifiée.

« Julian… »

Je me retournai.

« Pourquoi es-tu ici ? »

Elle regarda Marcus.

Puis Helen.

Enfin moi.

« Parce que vous êtes tombés exactement dans le piège que j’essayais d’éviter. »


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 3 : Ma mère apparut dans la clinique avec une photographie qui changea tout, juste avant qu’une balle ne révèle qui elle cherchait réellement à protéger

Story Parts

À une heure dix-sept, je croyais retrouver ma femme à la maison ; à la place, un silence impossible m’attendait derrière la porte de la chambre

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