Deux jours passèrent avant qu’Arturo obtienne les premiers documents bancaires complets. Pendant ce temps, Mariana resta à l’hôpital sous surveillance. Les médecins étaient satisfaits de l’état du bébé, mais ils insistaient pour qu’elle évite tout stress supplémentaire.
Julián aurait voulu pouvoir lui promettre que les problèmes étaient terminés.
Il savait désormais qu’une promesse sans preuve ne valait rien.
Un matin, Arturo entra avec une expression fermée.
« J’ai trouvé le nom. »
Julián se leva.
« Qui ? »
Arturo posa une feuille sur la table.
« Tomás Valdés. »
Mariana répéta le nom à voix basse.
« Je ne le connais pas. »
« Carmen, si. »
Julián regarda les documents.
Tomás Valdés possédait plusieurs entreprises de financement privé. Certaines étaient parfaitement légales. D’autres avaient fait l’objet de litiges commerciaux.
« Quel est le lien avec Carmen ? »
« Elle lui doit de l’argent depuis plus d’un an. »
« Combien ? »
Arturo posa une autre feuille.
« Plus de quatre cent cinquante mille dollars avec les intérêts et pénalités. »
Julián s’assit.
« Comment a-t-elle accumulé une telle dette ? »
« Une partie vient de la boulangerie. Une autre provient d’investissements ratés. Mais le détail important est ici. »
Arturo pointa une ligne.
« Une société de Carmen a reçu des fonds de Valdés avant de transférer une partie de l’argent vers Rivas Consultores. »
Julián comprit.
« Elle a utilisé Esteban comme intermédiaire. »
« Probablement. »
Mariana écoutait en silence.
Puis elle demanda :
« Pourquoi moi ? »
Arturo se tourna vers elle.
« Parce que vous étiez la personne la plus proche des documents. »
« Mais pourquoi les violences ? »
Arturo hésita.
« Parce que les autres moyens de pression n’ont pas fonctionné. »
Julián serra les poings.
« Tu veux dire qu’elle me frappait pour protéger une fraude. »
Mariana secoua doucement la tête.
« Pas seulement. »
Julián la regarda.
« Quoi ? »
Elle réfléchit.
« Elle me répétait quelque chose. »
« Quoi ? »
« Elle disait : “Quand l’enfant sera né, tout sera différent.” »
Arturo fronça les sourcils.
« Elle parlait de l’enfant comme d’un élément dans son plan ? »
Mariana hocha la tête.
« Oui. »
Julián se leva.
« Je veux savoir pourquoi. »
Arturo ouvrit un dossier.
« Il y a une possibilité. »
« Laquelle ? »
« Si Carmen avait réussi à vous séparer avant la naissance, elle aurait pu présenter Mariana comme instable et demander un droit de garde ou au moins tenter d’influencer les décisions familiales. »
Mariana porta une main à sa bouche.
« Elle voulait mon enfant. »
« Peut-être », répondit Arturo. « Mais il faut le prouver. »
Julián regarda les rapports médicaux.
« Elle voulait déjà faire croire que Mariana se blessait elle-même. »
Arturo acquiesça.
« Et maintenant nous savons qu’elle avait un intérêt financier. »
Un silence pesant s’installa.
Puis le téléphone de Julián sonna.
Un numéro inconnu.
Il hésita avant de répondre.
« Oui ? »
Une voix masculine demanda :
« Monsieur Ortega ? »
« Oui. »
« Je suis Tomás Valdés. »
Julián se redressa.
Arturo fit immédiatement signe de mettre le haut-parleur.
« Que voulez-vous ? »
« Vous parler de votre mère. »
« Alors parlez. »
« Elle m’a demandé de l’aider. »
« En échange de quoi ? »
Valdés resta silencieux quelques secondes.
« D’une garantie. »
« Notre appartement. »
« Oui. »
Julián sentit Mariana lui serrer le bras.
« Vous saviez que les documents étaient falsifiés ? »
« Non. »
Arturo intervint.
« Monsieur Valdés, nous avons des raisons de croire que vous avez reçu des documents frauduleux. Nous voulons savoir ce que vous avez demandé en échange de la dette. »
La voix au téléphone changea.
« Je ne voulais pas l’appartement. »
Julián fronça les sourcils.
« Alors quoi ? »
« Des parts dans le cabinet de Julián. »
Le silence fut total.
Julián se leva lentement.
« Vous vouliez mon entreprise ? »
« Je voulais une garantie qui puisse être revendue. Votre mère m’a dit que votre cabinet était très rentable. »
Arturo demanda :
« Et comment pensait-elle vous donner ces parts ? »
Valdés répondit :
« Avec une procuration. »
Julián ferma les yeux.
« Vous avez donc reçu la procuration. »
« Oui. »
« Où est-elle ? »
« Je l’ai remise à votre mère. »
Arturo intervint immédiatement.
« Quand ? »
« Il y a trois semaines. »
Julián regarda Mariana.
Trois semaines.
C’était précisément la période où ses blessures avaient commencé à devenir plus graves.
« Pourquoi Carmen était-elle si pressée ? »
Valdés répondit :
« Elle m’a dit qu’elle devait régler le problème avant que sa belle-fille ne découvre la vérité. »
Mariana sentit ses doigts devenir froids.
« Quelle vérité ? »
Valdés ne répondit pas immédiatement.
Puis il dit :
« Elle m’a parlé d’un coffre. »
Julián fronça les sourcils.
« Quel coffre ? »
« Elle disait qu’il contenait des documents qui pouvaient tout faire tomber. »
La ligne resta silencieuse.
« Où est ce coffre ? » demanda Julián.
« Je ne sais pas. »
« Vous mentez. »
« Non. »
Arturo intervint.
« Monsieur Valdés, si vous savez quelque chose, dites-le maintenant. »
La voix de l’homme se fit plus basse.
« Carmen avait un endroit où elle gardait ses papiers. Elle m’a dit que seule Mariana connaissait l’endroit. »
Mariana pâlit.
« Moi ? »
« Oui. »
« Je ne sais pas de quoi il parle. »
Valdés répondit :
« Réfléchissez. Elle vous a probablement demandé quelque chose avant de commencer à vous menacer. »
Mariana ferma les yeux.
Un souvenir lui revint.
Une vieille boîte en bois.
Elle l’avait vue dans la maison de Carmen, dans une pièce qu’elle n’entrait presque jamais.
Carmen lui avait demandé un jour de déplacer quelques vêtements.
Derrière une pile de couvertures, il y avait une petite clé attachée à un ruban rouge.
Mariana ouvrit les yeux.
« La clé. »
Julián se tourna vers elle.
« Quelle clé ? »
« Dans la maison de ta mère. Il y avait une clé attachée à un ruban rouge. Je ne savais pas ce qu’elle ouvrait. »
Arturo demanda :
« Où était-elle ? »
Mariana répondit :
« Dans l’armoire de la chambre d’amis. »
Julián prit immédiatement son téléphone.
Mais avant qu’il puisse appeler les enquêteurs, un message apparut.
Numéro inconnu.
Une seule phrase :
« Si vous cherchez le coffre, vous devez vous dépêcher. Carmen n’est pas la seule personne qui sait où il se trouve. »
Julián montra l’écran à Arturo.
Mariana regarda le message.
Cette fois, personne ne parla de coïncidence.
Quelqu’un d’autre suivait leur histoire.
Et cette personne savait exactement ce qu’ils cherchaient.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : La clé au ruban rouge ouvre enfin le coffre oublié et transforme le dossier de Carmen en une affaire beaucoup plus vaste
La couverture que Mariana refusait de soulever cachait une vérité que Julián n’aurait jamais imaginé découvrir dans sa propre maison
Part 7 of 15
