PARTIE 8 – La clé au ruban rouge ouvre enfin le coffre oublié et transforme le dossier de Carmen en une affaire beaucoup plus vaste

La police retourna à l’appartement de Carmen avec Julián et Arturo quelques heures plus tard. Mariana resta à l’hôpital, mais elle leur donna une description précise de l’armoire et de la petite clé.

Julián entra dans la chambre d’amis.

La pièce semblait parfaitement ordinaire.

Un lit étroit.

Une armoire ancienne.

Quelques boîtes empilées dans un coin.

Il ouvrit les portes.

Rien.

« Cherche derrière les vêtements », dit Arturo.

Julián repoussa les manteaux.

Une petite enveloppe tomba au sol.

À l’intérieur se trouvait une photographie ancienne de Carmen avec un homme que Julián ne reconnut pas.

Au dos, une date était écrite.

Dix-huit ans auparavant.

Arturo prit la photo.

« Tu connais cet homme ? »

Julián secoua la tête.

« Non. »

Un enquêteur examina l’image.

« Il faudrait vérifier son identité. »

Julián continua de chercher.

Derrière une pile de couvertures, il aperçut quelque chose de rouge.

Le ruban.

Il le tira doucement.

Une petite clé était attachée au bout.

« C’est celle-là », dit-il.

Arturo regarda autour de lui.

« Elle ouvre probablement quelque chose ailleurs. »

Ils fouillèrent l’appartement.

La clé ne correspondait ni aux portes, ni aux tiroirs, ni aux coffres visibles.

Puis Julián remarqua une petite serrure dans le meuble de la cuisine.

Elle était presque invisible sous une couche de peinture.

Il inséra la clé.

Le mécanisme tourna.

Un compartiment secret s’ouvrit.

À l’intérieur se trouvait une boîte métallique.

Personne ne parla.

Julián la posa sur la table.

Un enquêteur enfila des gants.

La boîte contenait plusieurs dossiers.

Des relevés bancaires.

Des copies de contrats.

Des photographies.

Et surtout, une série de documents portant le nom de Julián.

Arturo prit le premier.

« Ce sont des copies de tes signatures. »

Le deuxième document concernait le cabinet.

Le troisième mentionnait une société dont Julián n’avait jamais entendu parler.

Mais le dernier dossier fit changer son expression.

Il contenait des informations sur Mariana.

Son nom.

Son adresse.

Ses habitudes.

Les horaires auxquels elle était généralement seule.

Julián sentit une froideur monter dans son dos.

« Pourquoi ma mère avait-elle ça ? »

L’enquêteur répondit :

« Nous allons devoir tout examiner. »

Arturo ouvrit une enveloppe.

Une photographie de Mariana quittant un cabinet médical tomba sur la table.

Elle datait de plusieurs mois.

« Quelqu’un la surveillait », dit Julián.

Une autre photographie montrait l’entrée de leur immeuble.

Puis une troisième.

Mariana marchant seule dans une rue.

Julián recula.

« Ce n’était pas seulement Carmen. »

Arturo acquiesça lentement.

« Non. »

Dans le fond de la boîte se trouvait une feuille manuscrite.

L’écriture appartenait à Carmen.

Quelques lignes seulement.

Elle mentionnait un rendez-vous, une somme d’argent et une phrase étrange :

« Après la naissance, le problème disparaîtra définitivement. »

Julián sentit son estomac se retourner.

« Elle avait prévu quelque chose après la naissance. »

L’enquêteur photographia le document.

Arturo prit immédiatement son téléphone.

« Je vais demander que la mesure de protection soit étendue à toute personne associée au dossier. »

Julián regarda les photographies.

« Nous devons prévenir Mariana. »

Il appela l’hôpital.

Elle répondit après quelques secondes.

« Qu’avez-vous trouvé ? »

Julián hésita.

« Beaucoup de choses. »

« Dis-moi. »

« Des photographies de toi. Des documents financiers. Des copies de mes signatures. »

Mariana inspira brusquement.

« Et autre chose ? »

Julián regarda la note.

« Une phrase qui parle de l’après-naissance. »

Le silence à l’autre bout.

« Je savais qu’elle préparait quelque chose », murmura Mariana.

« Pourquoi ? »

« Parce qu’elle m’a demandé une fois ce que je ferais si je mourais pendant l’accouchement. »

Julián ferma les yeux.

« Quoi ? »

« Elle voulait savoir qui prendrait les décisions pour le bébé. »

Arturo échangea un regard avec l’enquêteur.

« Elle cherchait probablement à savoir comment organiser la suite », dit-il.

Mariana resta silencieuse.

Puis elle murmura :

« Il y a encore quelque chose. »

« Quoi ? »

« Dans le coffre, il doit y avoir un carnet. »

Julián se retourna vers la boîte.

« Quel carnet ? »

« Carmen écrivait tout. Les rendez-vous, les dépenses, les numéros de téléphone. Elle le gardait toujours près d’elle. »

L’enquêteur fouilla soigneusement.

Rien.

Arturo demanda :

« Tu es certaine ? »

« Oui. Une couverture noire. Petite. Avec une fermeture métallique. »

Julián regarda autour de lui.

« Il n’est pas là. »

Mariana répondit :

« Alors quelqu’un l’a pris. »

Cette phrase changea immédiatement l’atmosphère.

L’appartement avait été sécurisé après l’arrestation de Carmen.

Personne n’était censé pouvoir entrer.

Pourtant, un objet essentiel avait disparu.

Arturo demanda aux enquêteurs de vérifier les caméras de l’immeuble.

Quelques minutes plus tard, ils revinrent avec une information.

Une personne était entrée dans l’immeuble le matin même.

Elle avait utilisé une ancienne clé.

Julián demanda :

« Qui ? »

L’enquêteur regarda son écran.

« Un homme. »

« Son nom ? »

« Nous n’en avons pas encore la confirmation. »

Puis il ajouta :

« Mais les images sont assez nettes. »

Il tourna l’écran.

Julián regarda la vidéo.

L’homme portait une veste sombre et avançait rapidement dans le hall.

Il leva le visage vers la caméra.

Julián sentit son sang se glacer.

Il connaissait cet homme.

C’était Esteban Rivas.

« Pourquoi est-il revenu ? »

Arturo ne répondit pas.

Le téléphone de Julián vibra.

Un nouveau message.

Cette fois, il n’y avait aucune phrase.

Seulement une photographie.

Le carnet noir de Carmen.

Il était posé sur une table inconnue.

À côté du carnet se trouvait une petite feuille.

Une seule phrase y était écrite :

« Vous cherchez la mauvaise personne. »

Julián fixa l’image.

Puis une deuxième photographie arriva.

Elle montrait Mariana dans sa chambre d’hôpital.

Prise depuis le couloir.

Quelques secondes plus tard, un troisième message apparut :

« Le bébé doit naître avant que vous découvriez la vérité. »

Julián releva lentement les yeux.

Arturo avait vu les messages.

L’enquêteur aussi.

Personne ne parla.

Parce qu’ils venaient tous de comprendre la même chose.

L’auteur des messages savait exactement où se trouvait Mariana.

Et il pouvait encore l’approcher.


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Story Parts

La couverture que Mariana refusait de soulever cachait une vérité que Julián n’aurait jamais imaginé découvrir dans sa propre maison

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