PARTIE 13 – Alors que Mariana entre en salle d’accouchement, Julián découvre que Miguel n’est pas venu pour l’enfant mais pour récupérer la preuve qui pourrait le condamner

La photographie resta affichée sur le téléphone d’Arturo. Devant la porte de la salle d’accouchement, Miguel Herrera regardait l’objectif avec une expression parfaitement calme. Il ne semblait ni pressé ni inquiet. Il attendait.

Julián sentit une colère froide lui traverser le corps.

« Où est-il ? »

Arturo désigna le couloir.

« Il était là il y a moins d’une minute. »

Les agents se mirent immédiatement en mouvement. Deux d’entre eux se dirigèrent vers les ascenseurs, tandis qu’un troisième verrouillait l’accès au service obstétrical.

Julián regarda la porte derrière laquelle Mariana venait de disparaître.

« Je dois rester avec elle. »

« Oui », répondit Arturo. « Laissez-nous nous occuper de Miguel. »

Mais Julián ne parvenait pas à détourner les yeux du couloir. Chaque seconde semblait contenir une menace.

À l’intérieur de la salle, Mariana était installée sur le lit. Les contractions se rapprochaient rapidement. Une sage-femme vérifiait les constantes du bébé tandis qu’un médecin donnait des instructions précises.

« Respirez lentement », dit-il. « Le bébé va bien pour l’instant. »

Mariana serra la main de Julián.

« Il est là ? »

Julián comprit immédiatement qu’elle parlait de Miguel.

« Les agents le cherchent. »

« Ne me mens pas. »

« Je ne te mens pas. »

Elle ferma les yeux pendant qu’une nouvelle contraction la traversait.

« Je savais que quelque chose allait arriver. »

Julián se pencha vers elle.

« Tu n’es plus seule. »

Elle ouvrit les yeux.

« Tu me le promets ? »

Il pensa à toutes les promesses qu’il avait faites trop facilement.

Cette fois, il répondit simplement :

« Je reste ici. »

Dans le couloir, Arturo recevait les informations des agents.

Miguel n’était plus dans l’ascenseur.

Il avait disparu par une sortie technique.

Les caméras montraient qu’il était entré dans l’hôpital seul.

Mais une deuxième personne l’avait rejoint quelques minutes plus tard.

« Qui ? » demanda Arturo.

L’agent agrandit l’image.

Le visage était partiellement caché.

Pourtant, Arturo reconnut la silhouette.

« Raúl Méndez. »

Les deux hommes s’étaient donc retrouvés.

Arturo appela immédiatement Julián.

« Raúl est avec Miguel. »

Julián regarda Mariana.

« Ils sont encore dans l’hôpital ? »

« Nous ne savons pas. »

Puis un bruit métallique résonna dans le couloir.

Un agent courut vers la cage d’escalier.

Une porte venait d’être forcée.

Sur le sol, une petite clé reposait près d’une trace de boue.

Arturo la ramassa avec des gants.

« Ils sont peut-être descendus au sous-sol. »

L’agent consulta le plan.

« Le sous-sol donne directement sur les archives médicales. »

Arturo comprit.

« Ils ne cherchent pas Mariana. »

Il appela Julián.

« Ils cherchent son dossier. »

Julián fronça les sourcils.

« Pourquoi ? »

« Les informations médicales peuvent prouver qu’ils connaissaient son état et la date prévue de l’accouchement. Ils veulent probablement supprimer les preuves. »

Mais Arturo se trompait sur un point.

Quelques minutes plus tard, un agent découvrit que plusieurs dossiers avaient été déplacés.

Un tiroir avait été ouvert.

À l’intérieur, il manquait une seule enveloppe.

Le dossier médical original de Mariana.

Arturo resta silencieux.

« Ils l’ont pris. »

Un autre agent arriva en courant.

« Monsieur Vance, nous avons trouvé quelqu’un. »

Dans une pièce de stockage, Raúl était plaqué contre un mur.

Il n’avait pas d’arme.

Mais il tenait une petite enveloppe.

Arturo s’approcha.

« Où est Miguel ? »

Raúl ne répondit pas.

« Où est-il ? »

« Je ne sais pas. »

Arturo regarda l’enveloppe.

« Qu’est-ce qu’il y a dedans ? »

Raúl baissa les yeux.

« Rien. »

L’agent ouvrit l’enveloppe.

Elle contenait une photocopie d’un certificat médical.

Arturo reconnut immédiatement le document.

Ce n’était pas celui de Mariana.

C’était celui de Julián.

Une ancienne expertise médicale datant de plusieurs années.

Arturo fronça les sourcils.

« Pourquoi Miguel veut-il ça ? »

Raúl resta silencieux.

Puis il murmura :

« Parce que ce n’est pas votre femme qu’il voulait faire taire. »

Arturo sentit une tension nouvelle.

« Alors qui ? »

Raúl regarda vers le plafond.

« Votre père. »

Le silence tomba.

Julián apprit la nouvelle quelques minutes plus tard.

Mariana était encore en travail.

Il ne voulait pas la perturber.

Mais il savait désormais que l’histoire remontait plus loin qu’il ne l’avait imaginé.

Son père avait peut-être été au centre de cette affaire depuis le début.

Une sage-femme entra.

« Monsieur Ortega, il faut vous préparer. »

Julián se tourna vers Mariana.

Elle respirait difficilement.

« Reste avec moi. »

« Je suis là. »

Il enfila une blouse stérile et entra dans la salle.

Le monde extérieur disparut presque immédiatement.

Il n’y avait plus de Carmen.

Plus de Miguel.

Plus de Valdés.

Plus de dossiers.

Il n’y avait que Mariana et leur enfant.

Les heures suivantes furent longues.

Mariana luttait contre la douleur avec une concentration silencieuse. Julián lui essuyait le front et lui répétait qu’elle n’avait rien à prouver à personne.

À un moment, elle lui serra la main si fort qu’il grimaça.

« Désolée. »

« Ne t’excuse jamais pour ça. »

Elle eut un sourire épuisé.

« Tu deviens meilleur. »

Il rit doucement.

Puis le médecin annonça :

« Nous y sommes presque. »

Julián sentit ses yeux se remplir de larmes.

Quelques minutes plus tard, un cri nouveau remplit la salle.

Leur fils venait de naître.

Mariana éclata en sanglots.

Julián resta immobile, incapable de parler.

Le bébé fut placé contre la poitrine de sa mère.

Elle le regarda comme si le reste du monde avait disparu.

« Bonjour », murmura-t-elle.

Julián posa une main sur la tête minuscule de son fils.

« Bonjour, petit bonhomme. »

Le médecin sourit.

« Il va bien. »

Pour la première fois depuis des mois, Julián respira sans avoir peur de ce qui allait suivre.

Mais dans le couloir, Arturo venait de recevoir une nouvelle.

Miguel avait été retrouvé.

Il se trouvait dans le parking souterrain.

Et il avait demandé à parler uniquement à Julián.

Julián sortit de la salle après avoir embrassé Mariana.

« Où est-il ? »

« En bas. »

« Je vais le voir. »

Arturo secoua la tête.

« Pas seul. »

Ils descendirent ensemble.

Miguel était assis dans une voiture de police.

Ses poignets étaient menottés.

Il semblait étrangement calme.

Julián s’arrêta devant lui.

« Tu es allé jusqu’à la salle d’accouchement. »

Miguel leva les yeux.

« Je voulais récupérer quelque chose. »

« Le dossier médical ? »

« Non. »

Il regarda Julián.

« La preuve que ton père avait laissée. »

Julián sentit son cœur se serrer.

« Quelle preuve ? »

Miguel sourit tristement.

« Celle qui prouve que ta mère n’a jamais été la seule responsable de ce qui s’est passé. »

Arturo intervint.

« Expliquez-vous. »

Miguel regarda autour de lui.

« Pas ici. »

Julián répondit :

« Alors parle maintenant. »

Miguel inspira.

« Ton père avait découvert que plusieurs personnes détournaient l’argent de sa société. Ricardo Rivas en faisait partie. Carmen aussi. Mais quelqu’un d’autre contrôlait les transferts. »

« Qui ? »

Miguel fixa Julián.

« Ton père lui-même. »

Julián recula légèrement.

« Quoi ? »

« Il avait créé un système pour récupérer l’argent et protéger certains actifs. Il pensait pouvoir contrôler la situation. Puis il a compris que quelqu’un le manipulait. »

Arturo fronça les sourcils.

« Qui ? »

Miguel répondit :

« Tomás Valdés. »

Julián ferma les yeux.

Tout revenait encore à lui.

Miguel continua.

« Valdés finançait certaines opérations depuis des années. Quand ton père a voulu sortir du système, Valdés a commencé à menacer tout le monde. »

« Et Carmen ? »

« Carmen a paniqué. Elle a essayé de protéger Julián. »

Il s’arrêta.

« Mais elle a fini par accepter de travailler pour eux. »

Julián sentit une douleur profonde.

« Et toi ? »

Miguel baissa les yeux.

« J’ai voulu me venger. »

« De mon père ? »

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Parce que j’étais convaincu qu’il avait détruit mon avenir. »

Julián resta silencieux.

Miguel poursuivit :

« Mais j’ai découvert trop tard que Ricardo Rivas avait menti. Ton père n’avait pas ruiné mon avenir. Il avait essayé de sauver l’entreprise. »

Arturo demanda :

« Alors pourquoi avoir surveillé Mariana ? »

Miguel regarda Julián.

« Parce que je pensais que le dernier document était chez elle. »

« Quel document ? »

« Un registre qui contient les noms de tous ceux qui ont reçu de l’argent. »

Julián comprit.

Le carnet de Carmen n’était qu’une partie de la preuve.

« Où est ce registre ? »

Miguel répondit :

« Carmen ne l’a jamais eu. »

« Alors qui l’a ? »

Miguel fixa Julián.

« Ton père l’a caché avant sa mort. »

À cet instant, le téléphone d’Arturo vibra.

Un message des enquêteurs.

Ils avaient trouvé une cache supplémentaire dans l’ancienne propriété.

Mais cette fois, la cache était vide.

Quelqu’un était arrivé avant eux.

Miguel sourit tristement.

« Vous êtes encore en retard. »

Julián le regarda.

« Pas cette fois. »

Parce que son fils venait de naître.

Et que, désormais, il n’avait plus peur de perdre ce qu’il devait protéger.


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Story Parts

La couverture que Mariana refusait de soulever cachait une vérité que Julián n’aurait jamais imaginé découvrir dans sa propre maison

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