PARTIE 12 – Carmen révèle enfin le nom de celui qui manipulait les événements mais sa dernière confession bouleverse tout ce que Julián croyait comprendre

Carmen était détenue dans une salle d’entretien froide, sous surveillance constante. Lorsqu’on fit entrer Julián, elle leva les yeux vers lui sans dire un mot.

Elle semblait plus vieille.

Pas seulement à cause de la fatigue.

Quelque chose dans son regard avait disparu.

Julián s’assit de l’autre côté de la table.

« Tu voulais me parler. »

Carmen hocha la tête.

« Oui. »

« Alors parle. »

Elle regarda la porte.

« Je veux que Mariana soit protégée. »

Julián resta silencieux.

« Tu as eu des semaines pour la protéger. Tu as choisi de la blesser. »

Carmen baissa les yeux.

« Je sais. »

« Pourquoi maintenant ? »

Elle prit une inspiration.

« Parce que j’ai compris que je ne pouvais plus contrôler ce qui allait arriver. »

Julián posa le carnet sur la table.

« Qui a ordonné les surveillances ? »

Carmen fixa le carnet.

« Tomás Valdés. »

« Je le savais déjà. »

« Non. Tu ne sais pas tout. »

Julián attendit.

« Valdés n’était pas le chef. »

Cette phrase changea immédiatement l’atmosphère.

« Qui alors ? »

Carmen hésita.

« Un homme qui connaît votre famille depuis longtemps. »

Julián sentit son cœur accélérer.

« Donne-moi son nom. »

Carmen murmura :

« Miguel Herrera. »

Julián se figea.

« Miguel ? »

« Il travaillait pour ton père. »

« Pourquoi ferait-il ça ? »

Carmen secoua la tête.

« Parce qu’il a toujours pensé que ton père lui avait volé sa vie. »

Julián se leva.

« C’est faux. »

« Je sais. Maintenant, je le sais. »

Carmen raconta alors une histoire différente de celle qu’elle avait racontée pendant vingt ans.

Miguel avait effectivement travaillé avec son père.

Mais il avait aussi découvert les détournements de Ricardo Rivas.

Au lieu de les dénoncer, il avait commencé à utiliser les informations pour faire chanter plusieurs personnes.

Carmen avait été l’une de ses cibles.

« Il me menaçait », dit-elle. « Il savait que j’avais participé aux opérations de Ricardo. »

« Alors pourquoi as-tu continué ? »

« Parce que j’avais peur. »

Julián serra les poings.

« Tu as transformé ta peur en violence contre Mariana. »

Carmen pleura.

« Oui. »

Il n’y avait plus d’excuse.

Mais il voulait comprendre.

« Est-ce que Miguel t’a demandé de lui faire du mal ? »

Carmen hésita.

« Il m’a demandé de la faire taire. »

« Et tu as accepté. »

« Oui. »

Julián détourna les yeux.

La vérité était enfin devant lui.

Mais elle était encore plus sombre qu’il ne l’avait imaginé.

« Est-ce lui qui a envoyé Raúl ? »

« Oui. »

« Esteban ? »

« Esteban travaillait pour Valdés. »

« Et toi ? »

« Moi, je travaillais pour ma propre survie. »

Julián regarda sa mère.

« Non. Tu travaillais pour garder le contrôle. »

Elle ne répondit pas.

Après quelques secondes, elle demanda :

« Mariana va-t-elle accoucher à l’hôpital ? »

« Oui. »

« Alors fais attention. »

« Pourquoi ? »

Carmen leva les yeux.

« Parce que Miguel sait la date prévue. »

Julián se leva immédiatement.

« Comment ? »

« Je lui ai donné les dossiers médicaux. »

Il recula.

« Tu lui as donné les informations sur la grossesse ? »

Carmen pleura.

« Oui. »

Julián sortit de la pièce.

Il appela Arturo.

« Nous devons déplacer Mariana. Maintenant. »

Arturo répondit :

« La sécurité est déjà renforcée. »

« Ce n’est pas suffisant. Carmen vient d’admettre avoir transmis les informations médicales. »

Arturo resta silencieux.

« Alors nous changeons le plan. »

Lorsque Julián arriva à l’hôpital, Mariana était éveillée.

Il entra sans frapper.

« On doit partir. »

Elle comprit immédiatement à son expression.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Carmen a parlé. »

« Et ? »

« Elle dit que Miguel est derrière les surveillances. »

Mariana resta silencieuse.

« Miguel ? »

« Oui. »

Elle fronça les sourcils.

« L’homme qui travaillait avec ton père ? »

« Tu le connais ? »

« Je l’ai rencontré une fois. Carmen disait qu’il était un vieil ami de la famille. »

Julián sentit une nouvelle inquiétude.

« Il sait où tu es. »

« Alors on part. »

Ils quittèrent l’hôpital sous escorte.

Mais avant de rejoindre le véhicule, Mariana s’arrêta.

« Attends. »

Julián se retourna.

Elle regardait le couloir derrière eux.

« Quelque chose ne va pas. »

« Quoi ? »

« La femme qui vient de sortir de l’ascenseur. »

Julián se retourna.

Une infirmière poussait un chariot.

Elle portait un masque.

Mais son badge semblait différent.

L’agent de sécurité s’approcha.

La femme recula.

Puis elle abandonna le chariot et courut.

Les agents la rattrapèrent avant qu’elle atteigne la sortie.

Son identité fut vérifiée.

Elle n’était pas infirmière.

Elle avait utilisé un badge volé.

Dans son sac, les enquêteurs trouvèrent un téléphone.

Un message venait d’être envoyé.

« Elle quitte l’hôpital maintenant. »

Julián regarda l’écran.

Le destinataire était inconnu.

Mais l’heure correspondait exactement à leur départ.

Mariana serra sa main.

« Il nous voyait. »

L’enquêteur acquiesça.

« Quelqu’un à l’intérieur lui donnait les informations. »

Arturo arriva quelques minutes plus tard.

Il avait une copie du carnet de Carmen.

« Il y a une dernière entrée que nous n’avons pas examinée. »

Il ouvrit la page.

Une liste de noms apparaissait.

Certains étaient barrés.

D’autres entourés.

Le nom de Miguel figurait en haut.

Mais celui de Julián apparaissait également.

À côté du sien, Carmen avait écrit :

« Après la naissance. »

Mariana regarda la page.

« Pourquoi ton nom ? »

Julián n’eut pas le temps de répondre.

Un médecin arriva en courant.

« Monsieur Ortega ! »

Julián se retourna.

« Votre femme doit être examinée immédiatement. »

« Pourquoi ? »

Le médecin regarda Mariana.

« Le rythme cardiaque du bébé vient de changer. »

Mariana porta les deux mains à son ventre.

Une douleur traversa son visage.

« Je crois que… »

Elle n’acheva pas sa phrase.

Une autre contraction la plia en deux.

Julián la rattrapa.

« Le travail commence », dit le médecin.

Tout s’accéléra.

Les agents sécurisèrent le couloir.

Arturo appela les enquêteurs.

Mariana fut emmenée vers la salle d’accouchement.

Julián voulut la suivre.

Elle attrapa sa main.

« Ne me laisse pas. »

« Jamais. »

La porte se referma derrière eux.

Dans le couloir, Arturo reçut un dernier message.

Il regarda l’écran.

Son visage devint livide.

Julián le vit à travers la vitre.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Arturo leva lentement le téléphone.

Une photographie venait d’arriver.

C’était la porte de la salle d’accouchement.

Et devant elle se trouvait Miguel Herrera.

Le message disait seulement :

« Maintenant, nous allons terminer ce que votre père avait commencé. »


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Story Parts

La couverture que Mariana refusait de soulever cachait une vérité que Julián n’aurait jamais imaginé découvrir dans sa propre maison

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